Protéger la jeunesse plutôt que la punir : Notre interpellation au Préfet de Police
Conseil d'octobre 2026Monsieur le Maire, mes chers collègues, Monsieur le Préfet,
Notre jeunesse, trop souvent accusée d’indolence, a décidé de se lever en masse pour réclamer des conditions d’enseignement décentes. Elle prend son destin en main et elle nous rend fiers.
Nous étions 450 000 hier dans tout le pays pour la soutenir dans ses combats qui sont aussi les nôtres.
Elle revendique le droit de pouvoir étudier dans des conditions décentes. Elle souhaite que les lycées délabrés et insalubres soient rénovés. Elle souhaite avoir des professeurs devant chaque classe, des infirmières, des infirmiers, des psychologues, des conseillères et conseillers d’orientation. Elle souhaite mettre fin à la sélection organisée, généralisée par Parcoursup. Elle souhaite que soit repensée la démocratie lycéenne. Elle nous rappelle avec force que l’école doit remplir son rôle émancipateur pour affranchir l’individu des déterminismes sociaux.
Mais comment le gouvernement répond-il aux cris d’alerte et aux demandes légitimes de notre jeunesse qui s’inquiète pour son avenir ? En portant atteinte au droit à l’éducation par la fermeture, par exemple, de lycées.
Plus de 160 étaient fermés juste à Paris en début de semaine. En enfermant à tour de bras des enfants dans les commissariats, plus de 6 500 jeunes ont été interpellés dans toute la France depuis le début du mouvement et plus de 800 dans notre région, l’Île-de-France, dont 80% de mineurs. Pour combien de gardes à vue, au final ? Seulement cent treize à Paris.
Cette politique répressive contre des enfants n’a pas sa place dans un État de droit.
L’interpellation doit être justifiée et proportionnée, et en particulier pour des enfants.
Pire, le ministre de l’Intérieur, interrogé sur les consignes données aux forces de l’ordre lundi, indiquait, je cite, n’avoir donné aucune consigne de retenue dans l’usage de l’armement intermédiaire. Les vannes ont donc été ouvertes et on décompte désormais plus de 250 élèves blessés, une main arrachée, deux enfants éborgnés, une fracture de la mâchoire et tant de jeunes traumatisés pour longtemps par des violences subies.
Face à ces drames, Laurent Nunez a annoncé enfin ce matin suspendre l’usage des grenades assourdissantes. Mais qu’en est-il, par exemple, des LBD qui sont en cause dans d’autres blessures ? La dangerosité de ces armes est connue depuis des années, leur usage non réglementaire avéré, les mutilations documentées. La France a d’ailleurs le triste bilan de mutilations le plus terrible d’Europe. Les déployer face à des enfants est une décision politique inacceptable.
C’est bien pour cela que plusieurs de nos élus, notamment ma coprésidente Raphaëlle Primet, étaient présents hier aux côtés des enfants pour les protéger Porte de Vincennes. Ils ont tous subi les gaz lacrymogènes.
Monsieur le Préfet, nous refusons que nos enfants soient mutilés. Ils payent déjà cher le tribut de l’échec des politiques éducatives du gouvernement et du manque de moyens pour notre école.
Si nous condamnons sans ambiguïté les agressions de policiers, nous exigeons que l’État protège ces enfants.
Monsieur le Préfet, la prochaine mobilisation aura lieu demain, jeudi. Pouvez-vous nous garantir que tout se passera dans les meilleures conditions et que notre jeunesse sera protégée d’un maintien de l’ordre disproportionné ?

