Chaleur extrême, inégalités accrues
Conseil de juillet 2026Nous connaissons effectivement un troisième épisode de canicule en l’espace de deux mois, une canicule douloureuse, une canicule à certains égards meurtrière. On a vu en effet, même si les chiffres restent à confirmer, une augmentation de la mortalité, notamment de personnes seules dans leur appartement.
Cette canicule nous rappelle deux évidences.
La première, c’est que ces épisodes risquent de se multiplier et se développer dans les années qui viennent.
La deuxième évidence, c’est que cette canicule mette en, en relief de profondes inégalités.
Des inégalités en matière d’emploi, en matière de travail, parce que tout le monde n’est pas exposé à la canicule de la même manière selon le travail qu’il occupe.
Une deuxième forme d’inégalité en matière de logement, parce qu’on ne vit pas la canicule de la même façon selon qu’on habite un vaste appartement climatisé dans l’ouest parisien ou une chambre de bonne sous les combles.
La canicule est donc, à bien des égards, une violence de classe.
Tout cela, cette réalité, cette certitude que ce type d’épisode va se multiplier appelle une transformation profonde de la ville, une transformation profonde de notre espace public. Il faut le dire aussi, nous avons beaucoup fait au cours des dernières années.
Où en serions-nous d’ailleurs si nous n’avions pas rénové chaque année cinq mille logements sociaux ? Où en serions-nous si nous n’avions pas rendu la Seine et les canaux baignables ? Où en serions-nous si nous n’avions pas mis en place les rues aux écoles et les cours oasis dans nos établissements scolaires ? Où en serions-nous si nous n’avions pas profondément végétalisé la ville, y compris en faisant face à des résistances importantes ?
Il n’en reste pas moins qu’il reste encore beaucoup à faire, notamment pour l’accès à la fraîcheur. Pour faire en sorte que l’accès à la fraîcheur ne soit pas un privilège, mais un droit garanti pour l’ensemble des Parisiens et particulièrement pour les plus vulnérables. Tout cela rend nécessaire la mise en place de salles rafraîchies. Ça a été le cas dans nombre de mairies d’arrondissement. Il ne s’agit pas simplement d’une question de confort, il s’agit d’une question de survie.
Il est donc absurde de voir qu’un certain nombre de lieux restent inaccessibles.
Il est absurde de voir qu’à quelques mètres d’ici, en face des fenêtres de l’hôtel de ville, de grandes surfaces du BHV restent inaccessibles alors même que c’est un espace climatisé et que tant de gens crèvent de chaud dans leur appartement. Il est absurde de voir que les jardins de Matignon, qui sont ouverts pour les journées du patrimoine, restent fermés au plus grand nombre alors que c’est un grand espace vert qui serait très utile.
Ma question est simple : comment la ville compte-t-elle faire en sorte que de nouveaux lieux, de nouveaux espaces publics et privés qui sont frais, qui sont parfois climatisés, puissent être, dans les prochains épisodes de canicule, mis à disposition du plus grand nombre ?

