Hier, un CSE extraordinaire s’est tenu au BHV Marais après l’annonce du départ de Frédéric Merlin. Trois ans après son arrivée présentée comme un sauvetage, le bilan est désastreux.
Des dizaines de millions d’euros d’impayés. Des fournisseurs qui quittent l’enseigne. Des marques qui engagent des procédures judiciaires. Des salariés qui envisagent à leur tour des recours pour obtenir le versement de leurs rémunérations.
Pendant que les annonces se succèdent, la réalité du terrain est celle d’un magasin abandonné. Les locaux n’ont pas été entretenus malgré les aides consenties par le propriétaire. Les salariés dénoncent l’absence de dialogue social, l’absence de visibilité sur l’avenir et l’absence de réponses aux questions les plus élémentaires concernant leurs emplois.
Car aujourd’hui, ce sont 1 066 salariés, sans compter les démonstrateurs et les emplois indirects, qui restent plongés dans l’incertitude. Et contrairement à ce que certains voudraient faire croire, l’annonce de ces derniers jours ne règle rien. Les salariés eux-mêmes appellent à la prudence. À ce stade, aucun financement clair n’a été présenté. Aucune stratégie crédible n’a été exposée pour épurer la dette. Aucune garantie n’a été donnée sur le maintien des emplois.
Beaucoup ont le sentiment que l’on assiste davantage à une opération de communication destinée à rassurer l’opinion qu’à un véritable plan de sauvetage.
Pendant ce temps, le partenariat de la honte avec SHEIN demeure en vigueur jusqu’à la fin de l’année 2027. Ce symbole d’une mode fondée sur le dumping social et environnemental restera donc associé à une enseigne qui fut pourtant pendant des décennies le magasin des familles, des ménages et des artisans parisiens.
La vérité est que le BHV mérite mieux que la spéculation, mieux que les effets d’annonce et mieux que les opérations financières dont les salariés paient le prix.
Le BHV est un patrimoine économique, commercial et social de notre ville. Son avenir ne peut pas se décider sans celles et ceux qui le font vivre chaque jour.
C’est pourquoi nous demandons que les salariés soient pleinement associés aux discussions concernant l’avenir du magasin, sa stratégie commerciale et l’évolution de l’emploi.
Nous demandons également que soit étudié le renforcement des droits d’alerte et d’information des représentants du personnel lorsque l’avenir d’un établissement aussi stratégique est en jeu.
Monsieur le Maire, face à ce qui ressemble de plus en plus à une faillite organisée dont les salariés seraient les premières victimes, quelles initiatives la Ville de Paris entend-elle prendre pour défendre l’emploi, exiger la transparence sur la situation réelle du BHV et garantir que les salariés soient enfin entendus ?

