Tout augmente : + 6,2% sur les prix à la consommation, +11,8% sur l’alimentation + 20% sur l’énergie, et bientôt + 25% sur le pass navigo ? Et avec tous ces chiffres, c’est surtout la pauvreté qui augmente.
Beaucoup de personnes ne peuvent plus subvenir à leurs besoins primaires. Les files de distribution alimentaire qui ne cessent de s’allonger en sont le témoin. Le constat de l’aggravation de la pauvreté est partagé largement par les associations.
Toutes ces associations, qui pallient tant bien que mal à la pauvreté et au désengagement de l’Etat subissent aussi l’inflation. Elles la subissent doublement : avec l’augmentation de la fréquentation, mais aussi la baisse des dons.
Et pendant ce temps-là, en ce début d’hiver, alors que des parisiennes et des parisiens ont faim, les forces de l’ordre intervient pour empêcher une distribution alimentaire organisée par « Une chorba pour tous », qui prépare 400 repas par soir depuis 2 ans boulevard de la Villette dans le 19e.
Deux soirs de suite, hier et avant-hier, les bénéficiaires de cette installation ont été empêchés de récupérer un plat chaud. Il fait froid, les gens ont faim, et la Préfecture de Police refuse qu’ils puissent manger ? C’est une honte !
Le fondement de cette dispersion ? Un arrêté préfectoral adopté le 4 octobre et renouvelé le 4 novembre, qui interdit les regroupements de consommateurs de produits stupéfiants « ou se comportant comme tels ». Qu’est-ce que cela signifie ?
Des personnes vulnérables, des jeunes et des familles modestes qui font la queue pour se nourrir sont assimilés à des usagers de drogue ? Je ne rentre même pas dans l’hypothèse où les personnes à qui on a interdit cette aide alimentaire seraient effectivement des usagers de stupéfiants…
Donc des personnes précaires, qui vivent déjà une situation difficile, contraintes de recourir aux distributions alimentaires avec tout ce que cela signifie se font chasser par la police.
Est-ce le retour du Code pénal de 1810 qui pénalisait le vagabondage et la mendicité ?
Au lieu de combattre la pauvreté, on combat les pauvres. On les cache. On les tient responsable de leur situation, on leur fait subir une double stigmatisation.
Monsieur le Préfet, cette situation va-t-elle durer ? Quand la distribution alimentaire pourra reprendre son cours normal ?
Et plus généralement, quels moyens et quels dispositifs allez-vous mettre en place pour agir réellement et efficacement contre la pauvreté ?
La ville de Paris s’engage, multiplie les actions, les mises à l’abri avec la mise à disposition de gymnases, le soutien aux associations. Si les 14 000 places d’hébergement ont été sauvées de justesse, ce n’est pas assez.
Dimanche c’est la journée internationale des droits de l’enfant, je vous rappelle qu’en France 42 000 enfants dorment chaque nuit dehors et ont besoin eux aussi de l’aide alimentaire.