2.500 morts prématurées par an, 7 morts aujourd’hui, voilà le bilan de la pollution de l’air, voilà le sujet dont nous parlons. 2.500 morts par an, 7 morts aujourd’hui. Il faut avoir discuté avec les services hospitaliers, avec les médecins, avec les patients, être allé dans ces services pour comprendre la gravité du sujet.
2.500 morts par an, 7 morts aujourd’hui. Le constat est documenté par la recherche et les institutions sanitaires et, comme d’habitude, la pollution touche particulièrement les plus pauvres. A Paris, la pollution de l’air touche les abords du périphérique, les cartes générées par Airparif sont très instructives, et particulièrement là où résident les pollutions les plus modestes. Ce sont donc les plus pauvres qui pâtissent en premier de cette pollution de l’air. C’est parfaitement documenté par l’Observatoire régional de santé et par les travaux notamment d’Airparif, objet de ce projet de délibération. Soutenir ses études par ce projet de délibération est donc essentiel, et nous le voterons évidemment.
Nous dénonçons au passage, permettez-moi, les coupes budgétaires imposées par la droite régionale à la Région Ile-de-France, qui a baissé la subvention d’Airparif de près de 20 %. Les attaques contre la science sont décidément bien un marqueur des méfaits de la politique de la droite en mode trumpiste. 2.500 morts par an, 7 morts aujourd’hui. Ce n’est visiblement pas un sujet assez important pour Mme PÉCRESSE et la droite régionale. Alors, que faire contre ce fléau ? D’abord, cibler les causes. L’expertise scientifique, notamment accumulée par Airparif, est sans appel : la pollution atmosphérique est due en premier lieu aux véhicules à moteur, mais aussi au chauffage au bois, aux activités industrielles et agricoles. Je le répète, en premier lieu, aux véhicules à moteur.
Ensuite, une fois que nous avons ciblé les causes avec l’Académie de médecine, Airparif, etc., que les causes sont identifiées, nous devons agir pour éviter une pollution qui est évitable. Monsieur PASQUIER, excusez-moi de le dire, mais l’écologie sans lutte des classes, c’est du jardinage. Une première action sur le sujet est bien sûr d’influencer les choix industriels sur les motorisations autorisées. Nous devons fournir des pouvoirs aux politiques sur les choix des motorisations. Bref, remettre en cause la toute-puissance des actionnaires, qui préfèrent aujourd’hui, toujours et encore, mettre des véhicules polluants sur le marché plutôt que de répondre aux enjeux sanitaires.
En attendant cette planification écologique, il est indispensable de jouer sur les normes. C’est ce que peut permettre la mise en place de Z.F.E. Vous le savez, nous plaidons pour la mise en place d’une Z.F.E. sociale, les deux sont indissociables, qui permette à la fois d’éviter les véhicules les plus polluants et, en même temps, d’accompagner les populations les plus modestes tant par des aides que par des crédits à taux zéro.
Rappelons que, sur proposition des communistes, la Métropole du Grand Paris a instauré certaines dérogations, telles que le "pass" Z.F.E. 24, qui permet aux véhicules polluants de circuler pendant 24 jours par an et certains jours fériés, cela fait environ 139 jours au total. Une Z.F.E. sociale, c’est possible, et notamment par des aides, j’y reviendrai.
La Z.F.E. était l’une des très rares propositions de la convention citoyenne qui s’était traduite concrètement en texte de loi, mais c’était sans compter sur la droite et l’extrême droite, jamais en reste quand il s’agit de protéger le capital et de négliger la santé publique. En avril, l’Assemblée nationale a donc voté la suppression des Z.F.E. Des recours sont toujours actifs, mais leur avenir est compromis.
Nous demandons donc que la Ville de Paris interpelle l’Etat afin qu’il renonce à la suppression des Z.F.E. et qu’il mette en place un plan massif d’accompagnement social à la transition des mobilités avec des aides à la conversion des véhicules, notamment une prime de 10.000 euros pour les propriétaires de vieux véhicules afin qu’ils puissent acheter des véhicules moins polluants, notamment ceux de Crit’Air 1. C’est important d’aller jusqu’à ce Crit’Air.
Ensuite, nous demandons que la Ville de Paris engage avec la Région Ile-de-France un plan Marshall en faveur des transports collectifs afin d’offrir une alternative crédible, fiable et accessible à l’usage de la voiture individuelle.
Enfin, nous demandons que l’Etat assume pleinement ses responsabilités en matière de politique industrielle en soutenant la filière de production de véhicules et en poussant les constructeurs à produire des citadines électriques en France pour un tarif de moins de 15.000 euros, comme les syndicats du secteur ont démontré que c’était industriellement possible.
C’est l’objet du voeu que nous avons attaché à ce projet de délibération. Je vous remercie.
