La deuxième édition du mois de la santé mentale s’est déroulée en avril dernier et nous saluons l’écho grandissant de cette manifestation qui permet de mettre en lumière les enjeux de santé mentale et de poser cette question dans le débat public. En parler, c’est aussi participer à lever le stigmate sur les troubles mentaux, qui peuvent toucher chacun et chacune d’entre nous, soit directement, soit à travers nos proches. C’est quand même une personne sur trois qui est touchée par un trouble "neuro" ou psychiatrique.
La santé mentale a été déclarée grande cause nationale en 2025 et en 2026, à croire que le travail n’avait pas été terminé en 2025, il a fallu que l’Etat le re-déclare en 2026. Mais deux années de suite grande cause nationale, c’est un constat effarant : aucun financement, aucune réflexion sur de nouveaux dispositifs.
Certes, vous me direz que le "chèque psy" a été fait, d’accord, mais ce n’est pas assez. On le sait, nous avons besoin de repenser la prise en charge de la santé mentale, nous avons besoin de repenser une prise en charge à l’aune des enjeux du XXIe siècle, une prise en charge qui ne soit ni hospitalo-centrée, ni qui évacue la question de la psychiatrie, ni qui nie la question des problématiques sociales. Parce que, bien souvent, nous avons besoin d’avoir la prise en compte de toutes ces dimensions dans la vie des personnes, en particulier dans la vie des personnes les plus fragiles et les plus précaires.
Avec ce qui est en train de se passer, nous aurons l’occasion d’y revenir demain, à la "Fondation OEuvre Croix Saint-Simon", où l’Etat décide de tourner complètement le dos et, pour l’instant, ne souhaite absolument pas s’engager, c’est une structure essentielle pour la prise en charge des femmes, des mères atteintes de maladies psychiatriques, qui risque de disparaître ou de tomber dans les mains d’opérateurs privés qui n’auront pas à coeur le soin de ces personnes. Et pourtant, c’est une structure assez unique en France, que nous avons besoin de préserver et qui doit aussi nous montrer le chemin sur les structures que nous avons besoin de construire à Paris.
Voilà, nous redisons donc notre plaidoyer pour la défense de la santé mentale. Il faut continuer avec des événements comme ceux-là, qui permettent de mettre en visibilité, mais aussi construire une politique publique avec l’Etat et avec des structures de soins adaptées aux prises en charge au plus près des besoins des personnes, en particulier des personnes les plus précaires.

