Sans associations, pas de politique de la ville : tirons la sonnette d’alarme
Conseil d'octobre 2026On peut classer un quartier en QPV, adopter des pactes, définir des indicateurs, afficher des priorités : si, derrière, les associations qui font vivre ces quartiers disparaissent, tout cela restera lettre morte.
Cette délibération est donc importante. Elle prévoit 23 442 euros pour six projets dans les quartiers populaires. Et le Pacte parisien le dit lui-même : les associations sont des « partenaires de premier rang » de sa mise en œuvre.
Mais je veux aussi profiter de cette délibération pour tirer, une nouvelle fois, la sonnette d’alarme. Parce que je l’ai déjà dit en Conseil d’arrondissement : notre tissu associatif est en grande difficulté. Et les associations des quartiers populaires ne sont absolument pas épargnées.
Être implanté dans un QPV ne constitue pas un bouclier d’immunité contre la fragilité financière, les baisses de financements ou l’explosion des besoins. Au contraire : ce sont souvent précisément ces associations qui interviennent là où les besoins sociaux sont les plus importants.
Et quand on regarde les projets que nous finançons aujourd’hui, on comprend immédiatement ce qui est en jeu. Dans le 19ᵉ, Poya, avec ses permanences à Rosa Parks, permet d’accompagner davantage d’habitantes et d’habitants dans l’accès à leurs droits. La Vache Bleue propose des ateliers artistiques aux jeunes et associe les familles et les habitants à la vie du quartier. Constrictor, dans le micro-quartier Alphonse-Karr, crée des rencontres entre personnes en situation de handicap, seniors, jeunes et habitants autour de la culture.
Voilà concrètement ce que font les associations : elles créent du lien là où l’isolement progresse, elles ouvrent des portes vers la culture, elles permettent l’accès aux droits, elles accompagnent les jeunes, elles font vivre nos quartiers. Et je veux le dire très clairement : les subventions de la Ville ne sont pas juste du rab. Pour beaucoup de ces structures, elles sont devenues indispensables à leur survie et donc à la continuité de leurs actions.
Nous ne pouvons pas demander aux associations d’être toujours là, de réparer, d’accompagner, d’inventer des solutions, de faire toujours plus face à des besoins croissants, tout en les condamnant à chercher en permanence comment boucler leur budget ou payer leurs salariés le mois suivant.
Et je resterai constante avec ce que j’ai déjà défendu dans le 19ᵉ : défendre les quartiers populaires, c’est aussi défendre celles et ceux qui les font vivre au quotidien.
Un quartier populaire sans ses associations, ce n’est pas seulement un quartier avec moins d’activités. C’est un quartier avec moins de droits, moins de solidarité, moins de culture, moins de lien social.
Et ça, nous ne nous y résoudrons pas.

