Monsieur le maire, chers collègues, Permettez-moi tout d’abord, au moment où je prends la parole pour la première fois dans cette Assemblée, de rendre hommage à mes dix camarades, conseillers municipaux de Paris, conseillers généraux de la Seine, morts pour la France. Et je le fais en pensant aussi à tous mes autres camarades assassinés par la milice, la vraie. Et j’aimerais demander à M. Canal, il aura le temps d’ici ce soir de retirer le mot qu’il a utilisé pour désigner des futurs agents du service public et pour éviter la confusion scandaleuse qu’il entretient.
Comme militant communiste, c’est un immense honneur pour moi de siéger sur les bancs de ces camarades morts pour la France et de porter leur engagement. Cette idée qu’un jour, pourtant, un jour viendra couleur d’orange, comme disait Aragon, chanté par Ferrat. Évidemment, la question du logement est peut-être une de celles qui permet de rendre visible l’engagement centenaire des communistes. Nous parlons aujourd’hui du logement privé. Et j’ai vu que mes collègues du groupe NPP ont déposé un vœu rattaché sur le logement public, ce qui est sans doute une façon pour eux de dire leur soutien à ce que nous proposons sur le logement privé. Cela a été dit, mais le problème majeur de notre ville, c’est la vacance des logements. 300 000 logements vides ou sous-occupés. Voilà la cause du sans-abrisme, des prix en hausse et de la population en baisse. C’est un véritable scandale où le droit de propriété s’oppose au droit au logement.
Les choix politiques présentés par le maire sont simples. Utiliser tous les moyens mis à disposition de notre collectivité pour réduire ce scandale. Développer encore le logement public par des investissements massifs. Cela permet de régler le problème de rénovation énergétique. Parce que le parc privé que nous rachetons, que nous préemptons, est en général dans un état lamentable, laissé à l’abandon par des propriétaires qui n’ont fait qu’encaisser des loyers sans jamais en investir.
Avec le logement public, nous pouvons travailler à l’animation commerciale des pieds d’immeubles. Nous réglons d’autres problèmes par la même occasion.
Nous allons créer une véritable police du logement pour permettre aux locataires d’exercer leurs droits. Et vous l’avez rappelé, ils sont les plus nombreux et nous les défendons. Nous avons enfin utilisé le levier fiscal que la droite sénatoriale nous a offert. Comme militant communiste, comme secrétaire départementale de mon auguste organisation, je suis un peu chagriné de voir la droite parisienne en divergence avec la droite sénatoriale. Pour le Parti de l’ordre, cela fait un peu désordre.
Un mot sur les résidences secondaires. Quand vous regardez les chiffres de l’INSEE, vous apercevez que 20% des propriétaires de résidences secondaires à Paris ont leur résidence principale à Paris. Qu’est-ce que cela veut dire ? Que des habitants de l’avenue Foch attendent le week-end pour aller s’encanailler sur les bords du canal Saint-Martin ou qu’ils choisissent une façon de limiter leurs impôts en arbitrairement donnant le caractère de résidence secondaire à des logements qui sont en réalité vides et utilisés pour une future spéculation.
Les résidences secondaires sont aussi dans notre viseur parce qu’elles participent à tous les problèmes liés à la vacance. Et nous assumons de le faire. Monsieur le maire, les communistes soutiennent les mesures que vous avez annoncées et nous serons assumés devant l’opinion. Car la question qui est posée est en réalité une question de classe et le mot a été employé sur tous les bancs. La gauche parisienne se place du côté de la majorité des Parisiennes et des Parisiens. Les 60% de locataires et l’immense majorité de propriétaires endettés d’un seul bien utilisé pour leur résidence principale. Vous, la droite, vous défendez la toute petite minorité de multipropriétaires. Ceux qui possèdent des immeubles entiers, ceux qui possèdent 10, 20, 30 logements pour en faire de la location saisonnière ou pour utiliser tous les moyens possibles pour éviter l’encadrement des loyers. Je veux d’ailleurs, tout à fait honnêtement, remercier la droite de se cantonner à la défense d’une toute petite proportion des habitants de notre ville.
Vous nous laissez la majorité, vous nous laissez le soin de défendre la majorité. Nous le ferons avec grand plaisir, avec monsieur le maire et avec mon collègue Jacques Baudrier. Je vous remercie.

