Rendre la sérophobie visible pour mieux la combattre
Conseil d'octobre 2026Monsieur le Maire, mes chers collègues, Il y a un mois, j’ai choisi de dire publiquement que je vis avec le VIH. Sans l’avoir jamais caché, je ne l’avais jamais dit. Mais le silence est dangereux.
C’est ce que la sérophobie impose aux personnes concernées : se taire sous peine de rejet, de chantage, d’insultes, parfois de coups.
Et pourtant, rappelons-le : une personne séropositive sous traitement vit en bonne santé et ne transmet pas le virus. « Indétectable égale intransmissible ».
Il nous faut marteler ce message car c’est bien l’ignorance qui nourrit les préjugés.
Mais notre droit, lui, est en retard. La sérophobie n’y est jamais nommée. Les personnes vivant avec le VIH ne sont protégées qu’au titre générique de « l’état de santé ». Christophe Paco et Nicolas Aragona ont fait la grève de la faim, jusque devant cet Hôtel de Ville, pour faire avancer notre droit. Je veux ici saluer leur courage.
Grâce à leur combat, la Ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations a proposé la création d’un groupe de travail sur les discriminations visant les personnes vivant avec le VIH. Il doit maintenant déboucher sur une loi, construite avec les personnes concernées et les associations.
Mais ce que ce Gouvernement semble donner d’une main, il le reprend de l’autre : dans le même temps, il envisage de renoncer à la campagne de prévention du 1er décembre. Ce serait un contresens !
La peur du rejet est l’un des premiers freins au dépistage, alors qu’en France 43 % des infections sont encore découvertes à un stade tardif. Si l’engagement de longue date de Paris dans la lutte contre le VIH porte ses fruits, il reste bien loin d’être gagné.
Il nous faut continuer à montrer la voie : en interpellant l’État, en relayant la pétition, et en continuant d’accompagner les associations qui mènent ce combat.
Je vous invite donc à voter ce vœu. Je vous remercie.
