L’austérité imposée par la droite avec le soutien de l’extrême-droite à l’assemblée nationale frappe encore fortement l’éducation nationale.
Cette austérité précisons-le, ne s’applique qu’aux services publics, puisque les aides faramineuses aux entreprises, les 211 milliards d’€ sans contrôle, elles, restent stables.
La droite vise donc les services publics, le bien public, et en particulier l’éducation.
A la rentrée 2026, 4018 postes d’enseignant·es seront supprimés par le gouvernement, dans toute la France Me Lecuyer, car le phénomène est national. La baisse (réelle) de la démographie scolaire lui sert de prétexte pour une nouvelle saignée budgétaire. Alors qu’elle aurait pu être l’occasion d’améliorer les conditions d’étude et de travail.
La France est avant-dernière en Europe juste avant la Roumanie en matière du nombre d’élèves par classe, avec 20.7 élèves par classe. Une moyenne qui ne reflète pas bon nombre de situations locales.
A coût constant, nous pourrions à l’inverse diminuer le nombre d’élèves en ne supprimant *aucun* poste.
À Paris, ces choix austéritaires se traduisent par la suppression de 203 postes dans les 1er et 2nd degrés. Cela représente 149 fermetures de classe dans les écoles (pour 22 ouvertures), et 44 classes dans les collèges. Après les suppressions de 337 postes en 2023, 253 en 2024 et 202 en 2025. C’est une véritable saignée.
Le dernier CDEN a révélé toutes les aberrations de ces choix austéritaires. Même dans des écoles du réseau REP, même dans les REP+, ces suppressions pleuvent. L’académie l’a reconnu elle-même, des situations à 26 élèves par classe, 27 voire 28 peuvent exister. Alors que l’école maternelle et élémentaire est si déterminante pour la suite de la scolarité d’un élève, bourrer au maximum les classes n’est pas responsable. Comment s’occuper d’un élève en difficulté en élémentaire quand la classe compte 28 élèves ? Toute personne qui a enseigné sait que c’est impossible. 26, 27, 28 élèves par classe, ce sont les exceptions. Mais 23, 24, 25 est visiblement parfaitement acceptable pour l’académie avec l’enveloppe qui lui est donnée. Mais rebelote, ces chiffres ne sont pas sérieux.
Aux dernières législatives au Danemark, le débat tournait sur l’instauration d’un seuil de 14 élèves par classe. La droite sacrifie la jeunesse sur l’autel de son obsession austéritaire. Par ailleurs, autre sujet directement lié à ces suppressions de poste, l’indigence du remplacement à Paris. Les syndicats estiment qu’il manque 200 postes de remplaçants à Paris dans le 1er degré. L’académie reconnaît qu’il peut y avoir plusieurs semaines d’affilée où effectivement 200 remplacements ne sont pas effectués. C’est un scandale qui est lui aussi directement lié aux suppressions de postes.
Le manque de remplacement dégrade le service public, il dessert les conditions d’étude. Il est inacceptable dans ces proportions. Rappelons l’estimation révélée la semaine dernière par le ministère montrant que les élèves perdent *en moyenne* 10% de leur scolarité, *10%* du fait du manque de remplacement. 1 jour entier perdu toutes les 2 semaines sur toute la scolarité. C’est le saccage de l’éducation, organisé par la droite. Face aux 200 postes manquants sur Paris, l’académie ne prévoit de créer l’an prochain que ... 36 postes. A ce rythme, il faudra plus de 5 ans pour résoudre ce problème. Pour toutes ces raisons, et nous le disons dans notre vœu, nous demandons l’annulation de toutes les suppressions de postes. C’est la seule mesure juste et responsable, la seule action qui mettrait l’éducation au centre de notre pacte républicain.
Dans ce contexte de comité de la hache, les cadeaux à l’enseignement privé sont d’autant plus insupportables. L’enseignement privé sous contrat pèse approximativement pour 1/3 des élèves à Paris. Le public pour 2/3. Le privé compte donc pour la moitié du public. Que constate-t-on ?
Le public prend 203 suppressions de postes. Le privé 80. Un élève de CM2 comprendra le traitement de faveur. Encore une fois, le privé est privilégié. En termes de suppressions de classes, il y en aura 133 dans le public. 16 dans le privé. On est très loin du facteur 2.
Si le privé avait été traité au même titre que le public, sur les 203+80 suppressions de postes, il aurait dû en supporter 94, et non 80. Encore une différence en faveur du privé, à hauteur de 14 postes. L’an dernier, à la rentrée 2025, c’était 50 postes de cadeaux. 50 aussi en 2024. Nous demandons donc un rééquilibrage. En proposant dans notre vœu, la suppression de 50 postes dans le privé pour en ouvrir autant dans le public.
C’est une mesure directement applicable à la rentrée. La seule à même, au moins à court terme, pour éviter le mur de 2032. Si rien n’est fait, le privé sous contrat risque de peser pour plus de 50% dans les collèges à partir de 2032. Les chiffres de la DASCO convergent avec les estimations de Julien Grenet. A moins d’une action d’ampleur, nous nous prendrons ce mur. Avec son lot de ségrégation sociale, et de sécession sociale. Nous sommes persuadés que nous y viendrons tôt ou tard, autant le faire dès maintenant.

