Programme PAUSE : environ 70 lauréats gazaouis attendent toujours
Conseil d'octobre 2026Les Palestiniennes et Palestiniens que la France accueille doivent avoir les mêmes droits et la même protection que tous.
Depuis le début du génocide à Gaza en octobre 2023, l’accueil est très restreint. Le programme PAUSE a été suspendu aux lauréats gazaouis pour un motif fallacieux : une punition collective suite aux propos antisémites d’une seule étudiante palestinienne.
Le 24 août dernier, 44 scientifiques, artistes et boursiers ont enfin été exfiltrés de Gaza. Mais environ 70 lauréats attendent encore et nous exigeons de l’État qu’il les accueille au plus vite. Pour les Palestiniens déjà en France, le parcours est semé d’obstacles.
Il y a le harcèlement d’extrême droite. Artistes, universitaires et étudiants palestiniens sont la cible de campagnes de dénonciation et de menaces de la part de factieux comme Némésis ou Reconquête, non pour ce qu’ils pensent, mais pour ce qu’ils sont.
Il y a ensuite le harcèlement institutionnel. Je pense à Yasin, arrivé de Gaza en 2018, qui n’a obtenu l’asile qu’en juillet 2026 ; à Ramy Shaath, menacé d’expulsion ; à Mariam Abou Daqqa, entrée avec un visa français et visée par un arrêté d’expulsion pour « menace grave à l’ordre public », alors que le tribunal administratif notait l’absence de tout propos antisémite ou d’appel à soutenir le Hamas.
Enfin, je pense à Ali O., réfugié palestinien en France depuis 2016, mis en examen dans une procédure antiterroriste. Son statut de réfugié lui a été retiré en 2025, avant tout jugement. Les accusations reposent essentiellement sur des éléments transmis par Israël, pays dont il est réfugié, et sur des aveux obtenus dans des prisons où la torture est documentée.
La présomption d’innocence doit être respectée. Mais que vaut la protection internationale si on peut la retirer en pleine procédure ?
Nous demandons donc que Paris interpelle le Gouvernement pour garantir l’égalité de traitement, la continuité de PAUSE et une réponse aux personnes en attente, et que la Ville protège les artistes, chercheurs et militants palestiniens visés par le harcèlement.

