À travers cette communication, nous parlons de quelque chose de profondément concret : la manière dont les Parisiennes et les Parisiens vivent leur ville au quotidien.
Et à Paris, l’espace public est essentiel. Parce que, je le répète, beaucoup d’habitants vivent dans des logements petits, souvent trop petits. Alors la rue, les places, les jardins, les espaces verts deviennent une extension du quotidien. Les espaces verts, pour beaucoup de Parisiens, c’est le petit bout de jardin qu’ils n’auront jamais chez eux.
Oui, Paris doit continuer à se transformer. Nous devons végétaliser davantage, poursuivre l’objectif des 300 hectares, adapter la ville au changement climatique, rendre l’espace public plus agréable et plus respirable.
Mais nous le disons clairement : la transformation écologique de la ville ne peut pas se faire contre les habitants et contre les travailleurs.
Parce qu’avant les plans et les aménagements, il y a des êtres humains.
Il y a les habitants, bien sûr. Mais il y a aussi les commerçants, les artisans, les marchés, tous ces travailleurs qui font vivre nos quartiers au quotidien.
Les commerces de proximité ne sont pas un simple décor urbain. Ils créent du lien social, de la présence humaine, de la sécurité aussi. Une ville vivante, c’est une ville où il y a encore des cafés, des boulangeries, des restaurants, des artisans, des marchés populaires. Sans eux, nous fabriquons des quartiers-dortoirs, des espaces impersonnels où plus personne ne se connaît.
Or aujourd’hui, trop souvent, les commerçants subissent les transformations de l’espace public au lieu d’y être associés.
Sur le principe, tout le monde parle de concertation et de démocratie participative. Mais dans la réalité, combien découvrent les conséquences d’un projet une fois les décisions prises, voire une fois les travaux commencés ?
Et il faut dire les choses franchement : certaines décisions peuvent littéralement mettre un commerce en difficulté.
Supprimer une place de livraison, modifier un accès, enlever du stationnement, engager des travaux interminables sans visibilité… cela peut faire perdre la moitié d’un chiffre d’affaires. Cela peut désorganiser totalement un approvisionnement. Cela peut faire disparaître une clientèle construite pendant des années. Et derrière ces chiffres, il y a des vies.
Il y a des femmes et des hommes qui travaillent énormément, qui tiennent leur commerce avec des marges déjà fragiles, qui emploient parfois des salariés, qui subissent déjà les crises successives, l’augmentation des charges, le coût de la vie.
On ne peut pas bouleverser la vie de travailleurs comme si cela était une variable d’ajustement.
Je pense notamment au restaurant Le Monza, à la limite des 13e et 14e arrondissements. Les travaux de voirie et d’aménagement ont eu des conséquences désastreuses pour cet établissement, sur son activité mais aussi sur la vie personnelle de ses gérants.
Et je suis convaincue que chaque adjoint au commerce ici pourrait citer un commerce ayant souffert de travaux ou d’un réaménagement parce que son activité n’avait pas été suffisamment prise en compte.
Le plus insupportable, c’est que beaucoup de ces situations auraient pu être évitées avec davantage d’anticipation et de dialogue.
C’est précisément le sens du vœu que nous présentons.
Nous demandons simplement que les commerçants soient réellement informés et associés en amont des projets qui impactent leur activité. Nous demandons que les mairies d’arrondissement soient systématiquement associées, parce qu’elles connaissent le terrain, les habitants, les commerçants et les réalités concrètes des quartiers. Elles ne doivent pas être réduites à un simple rôle d’exécution.
Nous demandons aussi une véritable concertation avec les commerces, les marchés, les terrasses et les associations locales lorsque les usages de l’espace public sont modifiés.
Et je veux également dire un mot sur la propreté. C’est une attente majeure des habitants. Nous pensons qu’il faut regarder sérieusement la question de la remunicipalisation de la collecte, avec une véritable étude de faisabilité, notamment sur les économies possibles et l’efficacité du service public, en regardant aussi les échéances des marchés actuels.
Parce qu’il ne faudrait surtout pas que cette dernière année de mandature soit une mandature à blanc. Il reste énormément à faire pour transformer Paris, l’adapter au changement climatique et améliorer concrètement la vie quotidienne des habitants.
Mais ces transformations ne réussiront que si nous remettons enfin l’humain au centre des décisions publiques.
Pour nous, élus communistes, la ville de demain ne doit pas être seulement une ville plus verte ou mieux aménagée. Elle doit être une ville plus juste, plus populaire, plus attentive à celles et ceux qui y vivent et qui y travaillent.
Et je suis certaine que l’ensemble des groupes de ce Conseil pourra se retrouver sur une idée simple : respecter les travailleurs, quels qu’ils soient, c’est aussi mesurer les conséquences concrètes de nos décisions sur leur vie.
Je suis donc convaincue que ce Conseil votera favorablement ce vœu.
