Je souhaite excuser notre collègue Gwenaëlle Austin, qui aurait dû intervenir dans le débat, mais qui étant souffrante ne peut pas être présente aujourd’hui, nous lui souhaitons un bon et prompt rétablissement.
Je salue également notre collègue Raphaëlle Primet qui vogue en méditerranée à bord de la Flottille pour Gaza afin de passer le blocus Israélien en vigueur depuis 2007 sur l’enclave Palestinienne et d’apporter de l’aide humanitaire aux gazaouis. Notre humanité de connait pas de frontière. De Gaza à Paris nous défendons l’universalité de la dignité humaine. Du droit à chaque être humain de vivre.
Nous n’avons pas d’humanité à géométrie variable. Nous portons et avons toujours porter le droit de toutes et tous à vivre dignement quelque soit son parcours de vie, son origine, qu’ils ou elles soient nés ici ou ailleurs.
La dernière nuit de la solidarité a recensé en janvier 2026, 3857 personnes en situation de rue. 3857 personnes de trop, et nous savons bien que ce chiffre est un minimum. 3857 femmes, hommes et enfants qui n’ont pas d’autres solution d’un bout de trottoir ou une tente sur un talus du périphérique c’est inacceptable à Paris, dans la capitale de la 7e puissance mondiale. Comment dans notre ville la très grande bourgeoisie peut côtoyer la très grande précarité ?
Après une baisse à l’issue de la crise du COVID, la très grande précarité a explosé en France et donc à Paris. Et l’urgence sociale et humanitaire à laquelle nous sommes confronté aujourd’hui est la conséquence directe de 2 quinquennats de politique anti-sociale, d’exclusion sociale. « Plus personne dans les rues à la fin de l’année » cet engagement c’est celui du Président de la République en 2017… Et depuis ? depuis le nombre de personne à la rue a explosé et l’État ,dont nous le rappelons c’est la compétence, se désengage de plus en plus.
Et c’est tout le système de l’hébergement d’urgence qui est embolisé ! Le 115, numéro d’urgence du SAMU SOCIAL, est saturé si bien que nombre de personne en situation de rue renonce même à y faire encore appel.
Chers collègues du groupe Paris Liberté, vous proposez le dédoublement du 115. Oui il y a une souffrance des répondantes et répondants, face au nombre d’appels mais surtout face au manque de solution à proposer.
Aujourd’hui, nous en sommes arrivés à une hiérarchisation insupportable des situations d’urgences : quand il faut faire le tri entre une famille avec un bébé de quelques mois et une autre avec un enfant de quelques années… C’est impossible, c’est insupportable.
Le plan proposé aujourd’hui prend des engagements forts « Zéro enfant à la rue ». Nous le prenons très au sérieux, nous allons le mettre en place et les élus communistes seront présents, l’accompagneront et y veillerons à chaque instant.
Mais pour cela, nous avons besoin de mener des politiques ambitieuses, toutes les solutions seront meilleures que la rue.
Quand j’entends mon collègue, M. Le Maire du 17e, nous parler des gymnases, mais il faut arrêter de se cacher derrière son petit doigt et de dire "nous ne voulons personne à la rue mais dans le même temps nous ne voulons pas réquisitionner les gymnases, nous voulons plus d’hébergements d’urgence mais nous n’en voulons pas dans nos arrondissements". Nous n’avons pas oublié comment ça s’est passé dans le 16e arrondissement et oui, nous le redisons sans problème TOUTES LES SOLUTIONS SERONT MEILLEURES QUE LA RUE ! Un gymnase pour des familles, pour des femmes, pour des hommes, pour des enfants à la rue, ce sera toujours une meilleure solution qu’un bout de trottoir dans la Capitale.
Mais nous avons aussi besoin de réquisitionner plus et de réquisitionner mieux.
Dans notre capitale, il y a un hôpital, le Val de Grâce, des milliers de mètres carrés vacants en plein cœur de Paris, qui sont vides depuis maintenant 10 ans ! Nous l’avons déjà demandé et M. le Maire nous vous demandons de redemander avec force à l’État de réquisitionner en urgence cet hôpital afin d’y faire de la mise à l’abri tout de suite. C’est possible et d’ailleurs le Val de Grâce a pu être utilisé pendant les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris pour loger des bénévoles, des volontaires et des travailleurs et des travailleuses des JOP.
Nous le savons, c’est possible de le faire, la structure est adaptée, cela doit être fait et mis en place dès demain et nous savons M. le Maire que vous pourrez porter cette voix au niveau de l’État puisque la compétence de l’hébergement d’urgence, c’est avant tout une compétence de l’État et ce que nous subissons à Paris, c’est le désengagement constant depuis une dizaine d’année de l’État face à l’hébergement d’urgence, et la Ville de Paris a su relever le défi et continuera de savoir relever le défi, nous n’en doutons pas.
Et nous avons mis systématiquement à disposition le patrimoine parisien pour des occupations intercalaires. Plusieurs belles opérations ont été réalisées, je pense au centre d’hébergement Agnodice, dans l’ancien EHPAD du Jardin des Plantes, des femmes en fin de grossesse et des femmes en sortie de maternité qui ont pu, grâce à la Ville de Paris, grâce à l’engagement avec le CASVP, qui ont pu être mise à l’abri et c’est un bel exemple, nous devons continuer de réquisitionner systématiquement, dans l’intercalaire, tout le patrimoine parisien, chaque fois qu’il est vacant, je sais que ça a été fait dans le 20e arrondissement, sur un lycée et sur des crèches, nous continuerons chaque fois que c’est possible.
Enfin, ce Plan "Zéro enfant à la rue" ne sera pas complet sans que soit traité des MNA et des mineurs en recours. C’est un sujet extrêmement important, et là aussi, qu’on ait 17 ans ou 5 mois, 18 ans et 3 jours, on ne peut pas être à la rue, la Ville de Paris doit agir. Nous avions un avril 2025 à l’initiative du groupe Communiste adopté un vœu pour que la présomption de minorité soit systématique, Paris en tant que Département doit s’engager dans cette voie, nous devons montrer la voie avec d’autres départements pour que plus aucun enfant, aucun jeune ne dorme à la rue, qu’il ait 5 ans, qu’il ait 17 ans et 5 mois, qu’il ait 18 ans et 2 jours.
Vous pourrez toujours compter sur les élus du groupe Communiste, c’est un engagement que nous avons tenu, que nous continuerons de tenir et nous savons que la Ville de Paris peut le faire, nous pouvons relever ce défi, à la fois dans notre ville et aussi en maintenant un bras de fer, en maintenant un engagement fort avec l’État, avec la Préfecture de Police de Paris et avec la Préfecture de la Région IDF.
Je vous remercie.

