Mission Locale et CLLAJ : des remparts essentiels face au décrochage et à la précarité
Conseil d'octobre 2026Tous les jeunes n’entrent pas dans la vie adulte par une autoroute toute tracée. Pour certains, le parcours est fait de ruptures, de décrochage scolaire, de difficultés familiales, de problèmes de logement ou de santé, parfois de périodes sans emploi ni formation.
Et c’est précisément pour ces jeunes-là que la puissance publique doit être présente.
Cette délibération consacre 236 232 euros à deux acteurs essentiels : la Mission Locale de Paris et le CLLAJ. La Mission Locale agit contre le décrochage et le non-recours, accompagne vers l’emploi, mais aussi vers les soins et la santé mentale, notamment les jeunes sous main de justice, réfugiés ou issus des quartiers prioritaires.
Le CLLAJ, avec Inser’Toit, agit sur un autre frein majeur : le logement. Parce qu’il est difficile de construire un projet professionnel quand on ne sait pas où l’on va dormir le soir. Soyons clairs : la jeunesse des quartiers populaires est encore trop souvent celle que l’on laisse de côté. Les travaux de l’INJEP, l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire, montrent qu’elle est davantage confrontée au chômage, aux difficultés scolaires et aux obstacles dans l’accès à l’autonomie.
Et pourtant, au moment même où nous devrions renforcer les passerelles vers l’emploi, les moyens reculent.
À la Région Île-de-France, les crédits de fonctionnement consacrés à la formation professionnelle, à l’apprentissage et à l’emploi passent de près de 368 millions d’euros en 2025 à 225 millions en 2026 : près de 40 % de baisse en un an. Ce ne sont pas simplement des lignes budgétaires que l’on rabote. Ce sont des possibilités de formation, d’accompagnement et de rebond que l’on fragilise, notamment pour celles et ceux qui ont déjà le plus d’obstacles à franchir.
Et comment ne pas entendre, dans ce contexte, ce que nous disent aujourd’hui les lycéennes et les lycéens qui se mobilisent ? Ils parlent de classes surchargées, de professeurs absents, d’établissements dégradés, d’inégalités entre établissements. Ils demandent des moyens et de meilleures conditions pour étudier.
Ces jeunes ne demandent pas qu’on parle à leur place. Ils demandent qu’on les écoute. Les écouter, c’est aussi leur permettre demain de se former, de trouver un emploi, un logement, et de reprendre pied lorsqu’un parcours connaît une rupture.
Parce qu’un parcours qui n’est pas linéaire n’est pas un parcours condamné. À condition de ne jamais laisser un jeune seul au bord du chemin. C’est le sens de ces subventions, et nous les voterons.

