Certains ici défendent le mythe de l’entrepreneur. Vous savez, ces hommes bien souvent qui, avec leurs petits bras, seraient capables de créer une très importante richesse nouvelle, de défendre l’innovation. Vous vous doutez bien que sur ces bancs, nous ne croyons pas à ce mythe. Pour autant, nous avons suffisamment de respect pour les discours de la droite, pour écouter jusqu’au bout ce qu’ils ont à dire et essayer de tirer le fil de ce genre de discours.
Normalement, en toute logique, quand on défend les entrepreneurs, on honnit, on rejette les rentiers. C’est bien de ceux-là que l’on veut parler aujourd’hui, puisque la rente foncière est un des maux les pires qui frappent notre Capitale et je prendrai pour exemple l’objet même de ce vœu. Il est question du bail civil. Le bail civil, normalement, est réservé aux résidences secondaires, à des durées temporaires, et nous remarquons qu’aujourd’hui un certain nombre de propriétaires bailleurs, pour contourner le bail classique, dit de la loi de 89, beaucoup plus protecteur que le bail civil, développent cette pratique. Ils sont dans l’objectif d’essayer de gagner plus d’argent, évidemment, sans rien créer, c’est bien le principe de la rente.
Si je dis tout cela, c’est pour essayer de dégager l’unanimité dans le vœu que nous défendons contre le bail civil, nous faisons une chose simple, nous interpellons l’État pour qu’il modifie la réglementation et nous donne les moyens de contraindre les propriétaires privés à renoncer à cette entourloupe, d’une certaine façon.
Nous allons même plus loin, nous demandons à l’État de nous déléguer les moyens de contrôle, notamment avec la future brigade de protection des locataires, afin d’éviter que de trop nombreux locataires parisiens, confrontés à des propriétaires avides, ne se retrouvent dans une précarité supplémentaire liée à ce type de bail qui est beaucoup moins protecteur que le bail classique…
J’espère que, quels que soient les arguments que nous avons, soit la simple défense des locataires, soit le rejet de la rente et des rentiers, nous serons unanimes pour voter ce vœu.
