Lutte contre la grande exclusion : l’action indispensable des maraudes face à la vie à la rue
Conseil d'octobre 2026Je voudrais commencer tout simplement par remercier les équipes des maraudes pour l’immense travail qu’elles accomplissent chaque jour dans nos rues. Un travail patient, souvent invisible, qui se fait à la petite couture, personne par personne, rencontre après rencontre. Parce qu’accompagner quelqu’un qui vit à la rue, ce n’est pas arriver avec une solution toute faite. C’est créer un lien, parfois revenir dix fois, vingt fois, respecter le rythme de la personne, gagner sa confiance et, lorsqu’elle le souhaite, construire avec elle un accompagnement.
Quand on parle d’« aller-vers », de personnalisation des parcours et de lutte contre le non-recours, les maraudes en sont certainement l’un des exemples les plus concrets. Leur travail, c’est aller à la rencontre des personnes là où elles vivent, les écouter, les soutenir, les orienter vers leurs droits, les soins, les services sociaux, l’hébergement et, autant que possible, les accompagner vers une sortie durable de la rue. Elles constituent ainsi le premier maillon d’un parcours vers le droit commun et le logement.
Et ce travail est d’autant plus précieux qu’il sait s’adapter aux situations : maraudes sociales, santé mentale, accompagnement des jeunes, des personnes migrantes ou encore accès à l’hygiène. Ce sont des professionnels qui connaissent les personnes, leur histoire et leur parcours, et qui permettent parfois de renouer un lien avec des personnes extrêmement éloignées de nos dispositifs. Je veux enfin avoir un clin d’œil particulier pour les équipes de la maraude Paris Nord d’Emmaüs Solidarité, qui interviennent notamment dans les 9ᵉ, 10ᵉ, 18ᵉ et 19ᵉ arrondissements. Dans le 19ᵉ, nous connaissons leur engagement, leur présence sur le terrain et surtout cette capacité à ne pas renoncer face aux situations les plus difficiles.
La grande exclusion ne se traite pas à coups de dispositifs impersonnels : elle se combat par du temps, de la confiance, de la présence humaine et des moyens. C’est précisément ce que font les maraudes. Nous voterons donc évidemment cette délibération et ces 1,254 million d’euros consacrés à leur action.

