Derrière les sacs isothermes que nous croisons chaque jour dans les rues de Paris, il y a une réalité extrêmement violente : celle de travailleurs précaires, surexploités, et parfois même tués au travail.
Oui, aujourd’hui, dans notre ville, des livreurs meurent pendant leurs courses.
Ils roulent toujours plus vite pour quelques euros de plus, sous la pression des algorithmes et des délais imposés par les plateformes. Et lorsqu’ils ont un accident, ils sont bien souvent seuls : sans protection réelle, sans indemnisation, sans sécurité.
Voilà la réalité de l’ubérisation.
Les plateformes comme UberEats et Deliveroo prétendent offrir de la liberté. En réalité, elles organisent un modèle où tous les risques pèsent sur les travailleurs pendant que les profits remontent aux actionnaires.
Les chiffres publiés dans l’étude de mars dernier sont accablants : 63 heures de travail par semaine pour environ 800 euros par mois. À Paris, près de 7 livreurs sur 10 déclarent avoir déjà eu un accident dans le cadre de leur activité.
Imagine-t-on accepter cela dans un autre secteur ?
Accepterait-on qu’un salarié travaille plus de 60 heures par semaine pour gagner à peine 4 ou 5 euros net de l’heure, sans protection sociale digne de ce nom ? Évidemment non.
Alors pourquoi l’accepter pour les livreurs ?
Parce que ces plateformes ont réussi à invisibiliser leurs travailleurs. Elles se présentent comme de simples applications, alors qu’elles organisent le travail, imposent les cadences et précarisent massivement celles et ceux qui les font fonctionner.
Et aujourd’hui, plusieurs associations ont déposé plainte contre UberEats et Deliveroo pour traite d’êtres humains. La gravité de cette accusation devrait toutes et tous nous interpeller.
Face à cela, Paris ne peut pas rester spectatrice.
Avec ce vœu, nous demandons que la Ville soutienne cette plainte et qu’elle puisse, si le droit le permet, se porter partie civile. Nous proposons aussi que Paris prenne l’initiative d’un réseau de villes européennes engagées contre l’ubérisation.
Voter ce vœu, ce n’est pas régler tout le problème. Mais c’est refuser l’indifférence. C’est dire clairement que Paris ne cautionne pas un modèle fondé sur la précarité et le sacrifice des travailleurs.
Le confort et les profits de quelques-uns ne peuvent pas continuer à reposer sur la précarité et la mise en danger des autres. Au-delà des sensibilités politiques et de nos différences, la vie de certains travailleurs est aujourd’hui en jeu. Je compte donc sur votre vote afin d’adopter ce vœu.

