Communistes Paris

La transition écologique sera sociale ou ne sera pas !

Le Pari.s de la planète

Jean-Noël Aqua rappelle l’impératif de lier ambition écologique et sociale, pour mettre en place une politique qui permette à toutes et tous, quelle que soit sa classe sociale, de bénéficier d’un environnement de qualité.

Madame la Maire, mes chers collègues,

Dans deux jours nous commémorerons l’assassinat de Thomas Sankara. Certains à courte vue ne comprendront pas le lien avec la transition écologique. Et pourtant. Ce révolutionnaire, ce socialiste, cet anti-impérialiste avait compris que la préservation de l’environnement était une urgence indissociable de tous ses combats.

Chico Mendes, syndicaliste brésilien engagé contre la déforestation, le résumait dans sa célèbre phrase : « l’écologie sans lutte des classes, c’est du jardinage ».

Alors oui, les deux enjeux sont liés. Et c’est l’exercice auquel notre ville se prête : développer une politique tant écologique que sociale. Une politique qui permette à toutes et tous, quelle que soit sa classe sociale, de bénéficier d’un environnement de qualité.

Ce sera le fil rouge, ou rouge et vert, de mon intervention et des propositions communistes.

Quand nous parlons énergie, nous parlons tant de la lutte contre le réchauffement climatique, que de service public, statut des salariés, et l’intérêt des consommateurs et usagers.

Quand nous parlons alimentation, nous parlons tant de respect de l’environnement, que de rémunération des producteurs et d’accès des catégories populaires à une alimentation de qualité.

Quand nous parlons logement, nous parlons tant de rénovation de l’habitat, de confort, que de l’accès des classes populaires au logement, et donc de production de logement social.

Quand nous parlons arbres, nous parlons tant d’îlots de fraicheur, de lutte contre la pollution que de leur présence dans les quartiers populaires.

Les exemples sont multiples. Mais avant de détailler nos propositions, laissez-moi partager une certaine colère.

Quand je lis les amendements et vœux de la droite, je ne peux que constater une chose. Si l’effort écologique est présent, même malingre, les aspects sociaux sont purement absents.

Vous passez plus de temps à saccager les réseaux sociaux qu’à proposer du concret dans l’intérêt des parisienNEs.

L’écologie sans lutte des classes c’est aussi du mépris de classe. Madame Dati, la zadiste du 7e arrondissement, n’y échappe pas.

J’en viens donc à l’énergie, avec en toile de fond le réchauffement climatique et la précarité énergétique.

Le dernier rapport du GIEC est clair : l’activité humaine est responsable
« sans équivoque » du réchauffement climatique, et va déboucher sur une hausse de 1,5°C dès 2030.

Pour avancer, nos collectivités ont besoin d’interagir avec la recherche publique, son temps long, son travail rigoureux. Nous approuvons donc la convention avec le Groupement régional d’études sur le changement climatique.

Cette même recherche qui montre d’ailleurs que le réchauffement climatique touche en premier les plus pauvres, soulignant le lien social/écologie.

J’en viens désormais au réseau de chaleur urbaine, qui concerne une énergie vertueuse pour l’environnement, tout en garantissant des tarifs stables, et un statut protecteur aux salariés.

La chaleur produite par la CPCU émet 166 gCO2/kwh, bien inférieurs aux 234g du gaz collectif ou 400g du charbon, même si supérieurs aux 70g de l’électricité en France.

Nous ne pouvons donc que saluer les objectifs volontaristes du schéma proposé, de réduction de cette emprunte carbone et de développement du réseau.

En parallèle, cette chaleur doit avoir un prix stable et plus compétitif que le gaz à long terme si celui-ci internalise le coût de ses émissions de GES.
Cependant le schéma propose deux « chemins », dit de modernisation et de transition. A ce stade, nous sommes vigilants.

Si l’exposé des motifs semble plutôt pencher pour le scénario dit de « transformation », nous pensons que le scénario dit de « modernisation » ne doit pas être écarté. Avec trois enjeux :
1. les avantages et inconvénients des coûts, de l’emploi, et du rôle du service public
2. les coopérations indispensables au niveau métropolitain, entre la CPCU, le SYCTOM et le SIAPP
3. le rapport de forces vis-à-vis d’Engie : à sa stratégie financière basée sur la libre concurrence, nous préférons le bien commun, le service public, la lutte contre le changement climatique et la réponse aux besoins de confort et de justice sociale.

Le scénario « Transformation » fait appel à plus d’investissements pour développer un réseau maillé d’eau chaude et des ENR locales. Mais il est moins créateur d’emplois, multiplie les points d’injection sur le réseau, avec des obligations d’achat à de petits producteurs potentiellement problématiques.

Le scénario « Modernisation », est plus conventionnel et demande moins d’investissements, en tenant aussi l’objectif de 100 % d’ENR en 2050, en développant l’optimisation du réseau. Ce scénario est plus créateur d’emplois, et moins multiplicateur de travaux sur la voirie.

Au-delà de ces scenari, nous voulons aussi parler du mode de gestion. Nous constatons les limites de la DSP, tant sur les investissements, les coûts de raccordement au réseau que de la maintenance. Tout ceci doit évoluer. Il faudrait aussi mutualiser et subventionner les coûts de raccordement des immeubles au réseau afin de favoriser le passage des immeubles à cette énergie vertueuse.

Nous proposons aussi de créer l’obligation pour toute construction neuve et réhabilitation lourde de se connecter au réseau vapeur, en classant le réseau comme un réseau collectif d’utilité publique.

Permettez-moi conclure sur un vœu rattaché sur l’énergie en général.

Le prix du gaz a augmenté de 10% au mois de juillet, 5% en août, 9% en septembre et 12% en octobre. Et l’électricité s’apprête à augmenter de 12% en février. C’est intenable pour les 77.000 foyers parisiens en précarité énergétique.

Surtout lorsque l’on sait que les principaux fournisseurs d’énergie ont versé à leurs actionnaires plus de 9,5 milliards d’euros pour 2020.

Si le gouvernement est pressé de ne rien faire, nous voulons agir de suite.

L’énergie est un produit de première nécessité et un bien commun. Et à ce titre, nous proposons qu’elle bénéficie d’un taux de TVA de 5,5 %.

Vous aurez compris mon fil rouge : la transition écologique est incontournable ; et elle sera sociale ou ne sera pas.

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