Selon l’IFOP, 53 % des Français disent avoir été en souffrance psychique au cours des douze derniers mois. Sauvegarder un accès aux soins universel et public est vital. La mobilisation massive de professionnels du secteur contre la proposition de loi sénatoriale n°385 a marqué cette année un tournant politique majeur.
Psychiatres, psychologues, infirmiers, travailleurs sociaux, chercheurs, usagers, syndicats… Toutes et tous ont lutté pour un seul principe auquel nous nous joignons : la santé mentale n’est pas un luxe.
Cette mobilisation inédite a contraint le législateur à réécrire en urgence le texte, ce qui est une victoire, mais il n’a malheureusement pas changé de fond. Les professionnels de la psychiatrie de secteur ne rejettent ni la recherche fondamentale ni l’approche neurobiologique. Ils alertent le siphonnage par la fondation FondaMental des moyens humains et financiers déjà dramatiquement insuffisants.
Il y a une autre voie pour l’innovation que celle de la destruction créatrice. Nos Centres Médico-Psychologiques, centres d’accueil, hôpitaux de jour, psychothérapie institutionnelle sont aujourd’hui à bout de souffle. A quoi bon multiplier les centres experts de diagnostic, si nous n’avons plus personne pour soigner les patients qui en sortiront ? Le gouvernement a beau jeu de faire de la santé mentale la “grande cause nationale” quand ils sont précisément en grave péril.
Notre groupe refuse l’ensemble du projet de loi sénatorial qui promeut la psychiatrie à deux vitesses et qui aggrave les inégalités territoriales et sociales. Ce que défendent les soignants, ce sont des soins psychiques de proximité, pérennes, pluridisciplinaires et humains.
