La Fondation Oeuvre de la Croix Saint-Simon et sa possible cessation d’activité représenteraient un véritable séisme pour Paris. Toutes les activités risquent de disparaître, et nous parlons d’abord de 1.800 emplois menacés.
Je voudrais saluer les salariés - salariées, d’ailleurs -, les petites mains du soin, souvent des métiers invisibilisés, que nous avons entendues, notamment lors des rassemblements, parler de leur métier avec une réelle passion et un engagement sans faille.
La liquidation, je l’ai dit, serait un séisme pour Paris, mais aussi pour les départements voisins. Nous parlons concrètement de 35 crèches représentant 1.500 enfants, une crèche familiale, des P.M.I., un hôpital mère-enfant, un C.S.P.A. parental, des structures pour les personnes âgées atteintes d’Alzheimer, une pour les adultes en situation de handicap, de l’hospitalisation à domicile et un centre de santé. Tout cela est menacé. La procédure lancée avec un administrateur judiciaire pour la reprise des activités nous oblige à aller vite, pour que toutes les personnes accueillies et soignées par la Fondation ne soient pas livrées aux appétits féroces des investisseurs privés.
Nous réaffirmons donc, dans le voeu que nous avons déposé, notre volonté d’étudier en priorité la possibilité d’une reprise en régie municipale des activités, en particulier et en priorité lorsqu’elles relèvent des compétences obligatoires de la Ville - je pense aux P.M.I., notamment dans les 19e et 20e, à des crèches, notamment dans le 13e -, mais aussi à des structures uniques en France pour la prise en charge de la santé mentale, censée être une grande cause nationale, ainsi qu’à l’hôpital mère-enfant ou au C.S.P.A. parental.
Plus largement, nous saluons l’engagement de la Ville pour veiller à ce que les salariés, mais aussi les usagers, ne soient pas livrés aux griffes d’opérateurs comme Orpea ou Babilou, si vous voyez ce que je veux dire. Néanmoins, la Ville ne pourra pas faire seule. Nous alertons aussi sur la responsabilité de l’Etat - sa responsabilité dans la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui, mais aussi dans la sortie de crise. Lorsqu’une entreprise est en difficulté, il faut savoir sortir du cahier des charges. Nous parlons de 211 milliards d’euros distribués aux entreprises aujourd’hui, sans contrepartie. Là, nous parlons d’un besoin de 50 millions d’euros pour des besoins essentiels. Nous demandons donc très clairement à l’Etat d’investir, et d’investir massivement, sur ce dossier. Cela ne saurait être résolu en un jour, mais nous aurons du temps. L’Etat doit accompagner et faire en sorte que, concrètement, nous puissions sortir de la crise.
Nous avons besoin, plus largement, de repenser le financement de ces structures associatives à but non lucratif. Je vous remercie.

