Je ne me suis pas inscrite pour redire tout le bien que mon groupe et moi-même pensons de Nuit blanche, je me suis mainte fois exprimée sur le sujet. Au vu du programme concocté par Barbara Butch, et avec un thème aussi essentiel que l’amour, cette édition promet encore de nombreuses merveilles à découvrir et de très belles fêtes à vivre. Non , je me suis inscrite par réaction. Quand j’ai vu votre empressement M. Maillard. Aller courir sur CNews et Europe 1 — des médias du groupe Bolloré sanctionnés près d’une trentaine de fois par l’Arcom pour des saillies racistes et islamophobes ET dont chacun connaît désormais la ligne éditoriale d’extrême droite — pour réclamer la suspension d’un partenariat entre la Ville de Paris et Radio Nova que vous qualifiez de « Radio d’extrême gauche » … Pourquoi ? Pour deux blagues qui ne vous ont pas plu dans une chronique humoristique.
M. Maillard, franchement, adopter une telle position alors que vous et vos collègues souteniez des ministres tels que Jean-Michel Blanquer qui se faisait le champion de la lutte contre la soi-disant « cancel culture », c’est tout de même assez cocasse.
Parce qu’au fond de quoi parle-t-on ? D’humour. De satire. De liberté de ton. On peut trouver une blague mauvaise, excessive, pas drôle, déplacée même. Mais demander des sanctions politiques ou financières contre un média pour cela, c’est tout autre chose.
Et je crois que ça doit nous alerter sur le rapport de M. Maillard à la démocratie et à la liberté d’expression. Surtout, cela mérite qu’on rappelle ce que vous disiez vous-même M. Maillard.
En 2020, sur LCI, vous expliquiez à propos de la liberté d’expression — je cite — : « Pour nous il n’y a pas de mais, de oui mais, c’est la base de la démocratie ». Vous ajoutiez : « La liberté d’expression est essentielle, absolue ». Et vous dénonciez ceux qui la combattaient comme relevant d’une « forme de terrorisme de la pensée ». Alors selon votre propre logique comment doit-on vous qualifier M. Maillard ?
La liberté d’expression, ce n’est pas la liberté d’entendre uniquement ce qui nous convient. Ce n’est pas un principe à géométrie variable. Et l’humour, par définition, bouscule, caricature, provoque parfois et tant pis si cela vous gêne.
Nous avons suffisamment de combats à mener contre les véritables atteintes au pluralisme et à l’indépendance des médias pour ne pas transformer le Conseil de Paris en tribunal des humoristes. Vous l’aurez compris nous voterons bien évidemment cette délibération et nous réaffirmons notre soutien à la liberté de ton qui est celle de Radio Nova. Je vous remercie.

