Nous allons voter à l’unanimité, je l’espère, cette délibération de solidarité avec les réfugiés et les demandeurs d’asile. En 2020, 131.000 demandes d’asile ont été enregistrées par l’O.F.P.R.A., soit une augmentation de plus de 27 % par rapport à 2021. Autant d’hommes, de femmes et d’enfants qui ont été contraints de fuir leur pays, de fuir des situations de guerre, de misère.
Cette délibération est aussi, de fait, la constatation de graves manquements de l’Etat sur la question de l’accueil des demandeurs d’asile et des réfugiés. Les collectivités sont obligées de prendre le relais en lien avec les associations, dont nous souhaitons de nouveau saluer le travail. Cette délibération, il s’agit de propositions pour soutenir financièrement cinq organismes qui gèrent des programmes d’hébergement solidaire de prise en charge de demandeurs d’asile et de réfugiés à Paris pour, encore une fois, pallier les défaillances de l’Etat.
"Réfugiés bienvenue", avec l’hébergement de demandeurs d’asile chez les particuliers, pour plus de 70 personnes. "Singa France", les "Champs de booz", la "Fondation de l’Armée du Salut", "JRS France", autant d’associations qui font un travail exemplaire et indispensable.
Cette délibération est importante, parce qu’elle arrive aussi dans un contexte national délétère. La subvention de la Ville de Paris à "SOS Méditerranée" en 2019 vient d’être annulée. Elle a été annulée par une cour administrative, la Cour d’appel de Paris, qui le 3 mars a rendu cette décision d’annuler la subvention de 100.000 euros, octroyée en 2019 par la Ville de Paris à l’association "SOS Méditerranée".
Cette annulation a été obtenue par un militant d’extrême droite, un militant d’Éric ZEMMOUR, qui n’a eu d’autres choses à faire que quelques jours après un naufrage en Italie, qui a coûté la vie à 64 personnes, de demander de faire annuler la subvention de la Ville de Paris à "SOS Méditerranée". Association qui, je vous le rappelle, permet de sauver des personnes pour leur éviter de mourir en Méditerranée.
Nous n’en doutons pas, mais nous espérons que le Conseil d’Etat sera saisi pour faire annuler l’annulation de cette subvention. Cette inhumanité sans limite est aussi, et excusez-moi chers collègues, attisée par un certain nombre de propos qui ont pu être tenus dans cette assemblée sur la subvention, sur l’action de la Ville de Paris envers "SOS Méditerranée".
Cela arrive aussi dans un contexte d’une vision répressive de l’Etat à l’égard des réfugiés. Depuis 2012, la France a été condamnée neuf fois par la Cour européenne des Droits de l’Homme pour l’enfermement d’enfants en centre de rétention. Neuf condamnations de la France par la Cour européenne des Droits de l’Homme.
En juillet 2022, la présidence de l"’Unicef", la secrétaire générale de "La Cimade", et la présidente de l’"Association des avocats en droits des étrangers" ont interpellé le gouvernement pour interdire définitivement l’enfermement administratif des enfants. "La Cimade" a été contrainte de se retirer d’un C.R.A., puisqu’elle n’arrivait plus à exercer correctement ses missions. Elle a été obligée de se retirer, c’est-à-dire d’aller presque à l’encontre de ce qu’elle a toujours porté, parce qu’elle ne pouvait plus exercer correctement, tellement les conditions de détention dans les centres de rétention administrative sont inhumaines. Encore mi-février, alors que la Ville de Paris met à disposition des gymnases, alors que les Parisiens et Parisiennes, par la mise à disposition de ces gymnases, font la solidarité pour permettre que des femmes, et des enfants surtout, ne dorment pas dans les rues dans des conditions dramatiques en hiver, les services de l’O.F.P.R.A., dans un gymnase mis à disposition par la Ville de Paris en lieu et place de l’Etat, sont venus faire une petite inspection et éventuellement proposer l’aide au retour à celles et ceux qui le souhaiteraient.
C’est absolument inhumain. Heureusement, là encore Ian BROSSAT et Léa FILOCHE ne sont pas restés sans réagir et ont tout de suite marqué la vive opposition de la Ville de Paris. Tout cela s’inscrit dans un contexte mis en place par ce gouvernement, qui va présenter une énième loi Asile et Immigration, qui passera bientôt au Sénat avec une philosophie faussement présentée comme équilibre, mais qui en réalité n’est que répression et stigmatisation des personnes exilées.
Enfin, je terminerai par un mot sur la situation que nous connaissons tous les jours à Stalingrad, où des exilés afghans, qui pour certains ont le droit d’asile, c’est-à-dire qu’ils sont reconnus comme ayant le droit à l’accueil digne de la France puisqu’ils ont fui une zone de guerre, tous les jours ils se font gazer par la police. Ils sont réveillés chaque jour à 5 heures du matin par des lacrymogènes et leurs affaires sont détruites. La police se comporte de manière complètement honteuse.
Effectivement, vous avez raison, chers collègues, j’invite à condamner vivement ce comportement et à apporter tout notre soutien et notre solidarité.