Nous souhaitons aujourd’hui attirer l’attention du Conseil sur une situation qui touche à la fois à l’emploi, à la culture et à l’avenir d’un lieu emblématique de Paris. Nous ne pouvons pas rester spectateurs face aux difficultés que traverse Gibert, ni face aux emplois qui en dépendent directement.
Gibert n’est pas une enseigne comme une autre : c’est une institution parisienne, un lieu de lecture, de transmission et de sociabilité populaire, qui participe depuis des décennies au rayonnement de notre ville. J’y suis moi-même attachée y ayant travaillé 3ans dans ma jeunesse.
La situation est d’autant plus grave que le groupe, première librairie et disquaire généraliste indépendant de France, a été placé en redressement judiciaire le 28 avril 2026. Cela représente 500 emplois menacés, dont 200 à Paris, dans un secteur culturel déjà fragilisé.
Installé à Paris depuis 1886, dans le Quartier latin, Gibert incarne un patrimoine vivant. Son modèle est aujourd’hui mis sous pression par une crise structurelle qui touche l’ensemble des librairies indépendantes, entre inflation, loyers toujours plus lourds et concurrence déloyale des géants du numérique. Mais Gibert a un atout dans sa poche c’est le marché de l’occasion qui lui permet d’avoir des marges bénéficiaires bien supérieures à la moyenne.
Nous avons rencontré les représentants syndicaux, qui nous ont alerté sur la nécessité d’une vision claire et d’avenir, crédible et partagée avec les salarié·es.
C’est bien cela que nous cherchons à obtenir avec ce vœu : des garanties, de la transparence et un véritable engagement des pouvoirs publics.
C’est pourquoi nous demandons à la Ville de Paris d’interpeller la direction du groupe Gibert, d’exiger des garanties sur la pérennité des emplois et du magasin de Barbès, de veiller à ce que le redressement judiciaire s’accompagne d’un plan d’investissement ambitieux, et d’étudier, avec l’État et la Région Île-de-France, les dispositifs de soutien mobilisables.
Je vous remercie.

