Foyers et résidences sociales : faire de l’accès aux droits une réalité du quotidien
Conseil d'octobre 2026En tant qu’élue du 19ᵉ chargée des résidences sociales et des foyers de travailleurs migrants, cette délibération me tient particulièrement à cœur. Parce que derrière ces subventions, il y a une question essentielle : comment faire en sorte que les droits qui existent sur le papier deviennent réellement des droits accessibles à toutes et tous ?
Dans les foyers et les résidences sociales, la lutte contre le non-recours est un enjeu majeur. Difficultés avec le français, démarches administratives toujours plus complexes et dématérialisées, accès à la retraite, à la santé, aux prestations sociales : pour certains résidents, faire valoir ses droits relève encore trop souvent du parcours du combattant.
C’est précisément pour cela que le travail des associations est indispensable. Elles accompagnent, expliquent, orientent, créent de la confiance et, surtout, elles vont vers les résidents.
Dans le 19ᵉ, je veux notamment saluer le travail de Keur Kamer à la résidence Adoma de la Commanderie : permanences d’accès aux droits, accompagnement aux démarches administratives en ligne, accès à du matériel informatique. C’est très concret, mais c’est précisément ce qui permet de lutter contre le non-recours.
Je veux aussi insister sur l’apprentissage du français. Ce n’est pas un sujet secondaire. Maîtriser davantage la langue, c’est gagner en autonomie, pouvoir comprendre un courrier, expliquer sa situation, prendre un rendez-vous, effectuer une démarche et tout simplement mieux connaître et faire valoir ses droits. Et lorsque difficultés linguistiques et fracture numérique se cumulent, l’accompagnement doit être encore renforcé. C’est d’ailleurs tout le sens des actions associant apprentissage du français et maîtrise des outils numériques soutenues par cette délibération.
Enfin, nous devons regarder en face le vieillissement des résidents des anciens foyers de travailleurs migrants. Nous y rencontrons notamment des hommes vieillissants, parfois isolés, avec des parcours de vie et de travail particuliers. Le passage à la retraite, l’accès aux soins, les démarches administratives, la perte d’autonomie ou l’isolement nécessitent un accompagnement spécifique et dans la durée. Et j’insiste sur ces mots : dans la durée.
Parce que les foyers ne peuvent pas être des lieux que certains et certaines redécouvrent opportunément à l’approche des élections. Les résidents n’ont pas besoin qu’on vienne leur serrer la main tous les six ans. Ils ont besoin que leurs droits soient respectés et accessibles toute l’année.
C’est ce travail quotidien, patient et parfois invisible que font ces associations. Elles sont des actrices essentielles de l’accès aux droits, de la lutte contre le non-recours et contre l’isolement. Nous voterons donc cette délibération et continuerons à soutenir pleinement leur travail.
