Femmage à Catherine RINGER
Conseil d'octobre 2026Il y a des artistes dont on peut raconter la carrière. Et puis il y a celles et ceux dont on retient surtout une manière d’être au monde.
Catherine Ringer était de celles-là.
On pourrait parler des Rita Mitsouko, de Marcia Baïla, de C’est comme ça, du Petit Train. On pourrait raconter les scènes, les costumes, les clips, les provocations, les chansons que plusieurs générations connaissent encore par cœur.
Mais je crois qu’on passerait à côté de l’essentiel.
Une liberté pratiquée, pas seulement chantée
Parce que Catherine Ringer, ce n’était pas seulement une artiste qui chantait la liberté. Elle la pratiquait.
Elle refusait qu’on lui explique comment être une femme, comment se comporter sur scène, comment vieillir, comment créer, comment prendre la parole.
L’héritage d’une histoire familiale
Elle venait aussi d’une histoire familiale profondément marquée par la violence du siècle. Son père, Sam Ringer, avait été déporté et avait survécu aux camps. Catherine Ringer parlait de lui comme lui ayant transmis une « force de vie ».
Cette expression me semble particulièrement juste.
Une force de vie, c’est peut-être ce qu’elle a mis dans chacune de ses chansons, dans chacune de ses apparitions, dans ses combats féministes, dans sa défense de l’environnement, dans sa manière de continuer à créer sans jamais se laisser enfermer dans l’image que les autres avaient construite d’elle.
Une certaine idée de Paris
Lui rendre hommage, c’est donc célébrer bien plus qu’un nom ou des chansons.
C’est célébrer une certaine idée de Paris : une ville qui fait de la place à celles et ceux qui inventent, qui bousculent, qui déplacent les frontières.
Paris a été sa scène, son terrain de jeu, l’espace de sa liberté. Et Paris peut être fière de compter, aujourd’hui comme hier, tant d’artistes qui, comme elle, refusent de rentrer dans les cases.
Avec ce vœu, la Ville lui dit merci. Et elle affirme qu’elle continuera d’accueillir et d’accompagner cette force de vie qui fait la création.

