Espaces Solidarité Insertion : maintenir des portes ouvertes face à l’explosion de la grande précarité
Conseil d'octobre 2026520 000 passages en un an. Plus de 68 700 douches. Plus de 21 000 lessives. Plus de 20 000 entretiens sociaux. Voilà ce que représentent, en 2025, les Espaces Solidarité Insertion parisiens.
Derrière ces chiffres, il y a des femmes et des hommes en situation de grande précarité qui trouvent une porte ouverte, un accueil, une écoute et un accompagnement. L’activité a encore progressé de 24 000 passages en un an. Cette délibération, qui mobilise plus de 4 millions d’euros, est donc essentielle : elle permet de soutenir 15 ESI, véritables maillons de la lutte contre la grande exclusion à Paris. Les ESI ne sont pas simplement des lieux où l’on vient se mettre à l’abri quelques heures. Ils prennent toute leur place dans les différents dispositifs de solidarité de la Ville : on y accède à des services de première nécessité, à l’hygiène et aux soins, mais aussi à l’accompagnement social et à l’accès aux droits. Et surtout, on y écoute, on y oriente, on recrée du lien social et on accompagne vers les dispositifs de droit commun.
Dans une ville où 3 858 personnes ont encore été décomptées sans solution d’hébergement lors de la Nuit de la Solidarité 2026, soit 10 % de plus en un an, nous mesurons à quel point ces accueils de jour sont indispensables.
Je veux évidemment avoir un mot particulier pour la Maison du Partage, dans le 19ᵉ, dont nous reconduisons la subvention de 327 066 euros. Son ESI, inauguré après rénovation en mars 2025, offre des douches, une buanderie, des espaces de repos et de convivialité, des permanences d’accès aux droits et 1 500 places de domiciliation.
Pouvoir prendre une douche, laver ses vêtements, recevoir son courrier, parler à quelqu’un, être accompagné pour faire valoir ses droits : ce ne sont pas des petits services. Quand on vit à la rue, ce sont des points d’appui pour préserver sa dignité et ne pas rompre totalement avec la société.
Évidemment, nous voterons cette délibération et surtout, nous continuerons à défendre ces lieux et leurs équipes, parce que face à la grande précarité, une politique publique se juge aussi à sa capacité à maintenir des portes ouvertes, là où tant d’autres se ferment.
