Des enfants mutilés, des policiers protégés : non à la présomption de légitime défense
Conseil d'octobre 2026Eden a 14 ans. Le 28 septembre, devant son lycée de Saint-Ouen-l’Aumône, un policier lui a tiré au lance-grenade dans le visage, à bout portant. Aujourd’hui, il a la mâchoire scellée, il ne peut plus parler, il se nourrit avec une paille. Le procureur l’a dit : l’usage de l’arme était disproportionné.
Eden n’est pas seul. Maël, 16 ans, a perdu un œil à Tours, touché par un tir de LBD. À Argenteuil, un autre garçon de 16 ans a été atteint à l’œil, lui aussi par un LBD. À Lens, un lycéen de 15 ans a eu la main arrachée. Des enfants, chers collègues.
215 élèves blessés. Plus de 6 500 interpellations en deux semaines, à 90 % des mineurs ! Leur crime ? Réclamer des professeurs, la fin de parcoursup et des lycées dignes.
Quand nous avons déposé ce vœu, nous ne pensions pas que l’actualité lui donnerait aussi vite et aussi cruellement raison.
Et c’est maintenant qu’on voudrait que, quand un policier tire, il soit présumé dans son bon droit ? Que ce soit aux victimes, aux familles, de prouver l’inverse ?
Voilà ce qu’est ce texte, déjà voté à l’Assemblée : un permis de tuer.
732 000 citoyennes et citoyens ont signé la pétition contre ce texte. L’Assemblée a refusé d’en débattre.
Pourtant, depuis la loi de 2017, les tirs mortels de la police ont été multipliés par six. Et ce sont toujours les mêmes qui paient : les jeunes des quartiers populaires, celles et ceux perçus comme noirs ou arabes.
Et qui enquête quand un policier blesse un enfant ? L’IGPN.
La police enquête sur la police. Elle est juge et partie. Résultat : une dizaine d’enquêtes pour des centaines de jeunes blessés. Comment voulez-vous que les familles aient confiance ?
Un pouvoir qui répond à sa jeunesse par la violence, puis garantit l’impunité à ceux qui l’exercent, est un pouvoir qui a peur de l’avenir.
Il reste le Sénat pour arrêter ce texte. Nous exigeons un contrôle réellement indépendant de la police et l’interdiction des LBD et de toutes les armes mutilantes en maintien de l’ordre.
Aux lycéennes et lycéens de Paris, nous disons : vous avez raison de vous battre. Nous sommes à vos côtés.

