Cette délibération est très importante puisqu’elle concerne la convention pour le régime de décharge des écoles. Mais laissez-moi commenter ce que je viens d’entendre dans le débat. Hier, en écoutant la droite, j’avais parfois l’impression d’être aux guignols de l’intox. Cette impression ne cesse de se renforcer, sans doute à l’approche des élections. Mais dire aujourd’hui que vous défendez l’école publique alors que votre projet de budget présenté à l’Assemblée nationale prévoit la suppression de 4 000 postes d’enseignants sur tout le territoire, dont près de 200 à Paris… là, vous assumez ou pas ?
Vous vous présentez comme porte-parole du gouvernement : l’êtes-vous vraiment jusqu’au bout ? Allez-vous expliquer aux écoles que vous êtes responsables des fermetures de classes ? Que vous êtes co-responsables des classes à 25, 26, parfois 27 élèves, notamment dans les écoles REP ? Ou simplement venir parler de responsabilités sans les assumer ?
Et quand vous évoquez le régime des décharges, en espérant que la convention soit signée « dans quelques mois », vous êtes complètement à côté de la plaque. Les directeurs d’école ont besoin de visibilité : leurs vœux pour la rentrée se font en janvier. Un fonctionnaire n’est pas un objet qu’on déplace à volonté : il a une mission, un poste, un emploi. Annoncer une convention hypothétique dans quelques mois, c’est desservir les directeurs et les écoles.
Ces fonctions de direction sont essentielles pour la qualité de l’éducation à Paris. Les directeurs assurent le lien avec les familles, avec l’administration, avec les services techniques. Ils coordonnent les travaux et les interventions matérielles. Ils font un travail formidable et méritent reconnaissance, pas un jeu politicien à trois mois des élections.
Concernant la convention envisagée sur trois ans, elle est insuffisante. Devenir directeur d’école implique un changement de carrière qui nécessite prévoyance et stabilité. Nous devons exiger une convention à tacite reconduction, garantissant ce régime de décharge sur le long terme, pas seulement pour trois ans. S’il vous plaît, puisque vous avez le numéro du ministre, utilisez-le pour que cette convention soit signée dans les plus brefs délais, dans les jours qui viennent, et non dans plusieurs mois. C’est de l’intérêt de la rentrée 2026 pour tous les élèves parisiens.
