Le réchauffement climatique est désormais bien palpable dans nos vies. Fini le temps où il n’était qu’une prédiction scientifique. Ce temps où nombre de politiques ont tout fait pour ne pas entendre, et ne pas agir. Ils avaient mieux à faire pour protéger les intérêts du capital.
Le réchauffement frappe désormais les populations, les plus pauvres en particulier. Je pense notamment aux 235 personnes mortes à la rue du fait de la vague de chaleur en juin 2025. Et à tous les habitants des logements mal isolés, ou ne pouvant pas se payer de vacances ou aller dans leur maison secondaire.
La lutte pour le climat est une lutte des classes, comme le dirait Jacques Baudrier. Beaucoup cherchent toujours à nier la réalité du réchauffement. Comme Donald Trump, et tous ses soutiens à droite et à l’extrême-droite. Ou dans les groupes pétroliers.
Mais plus gravement, en ne touchant pas aux dividendes pharaoniques des grands groupes, l’État organise son inaction. Une inaction coupable. Que les générations futures paieront.
Pourtant, les solutions existent. Rénovation thermique, développement des transports en commun publics, création d’un pôle public de l’énergie avec notamment l’électrification de l’énergie. Si les solutions sont connues, leurs financements non.
Il est urgent d’agir. Ici et maintenant.
Le déni de la droite et de l’extrême-droite, le mépris pour la vie des populations contrastent avec l’action volontariste de notre majorité de gauche. Depuis plusieurs mandatures. Les émissions de gaz à effet de serre ont chuté de près de 30%, 30% depuis 2004 à Paris. Et les mesures d’adaptation se sont multipliées : verdissement de la ville, isolation des bâtiments, solutions douces de transport.
Mais plusieurs enjeux restent devant nous comme cette délibération nous invite à les penser. Je vais revenir sur quelques sujets singuliers.
Un des premiers sujets est la rénovation du bâti, logement social, bâtiments publics (écoles, collèges, crèches, EPHAD, centres de santé ...). Notre majorité doit amplifier ses efforts et augmenter les budgets en faveur de la rénovation.
Je pense notamment à la rénovation des écoles et collèges. Il est inadmissible que nous ne puissions assurer notre responsabilité quant à la continuité du service public. De nombreux collèges ont dû fermer, à Paris, en mai, lors de la première vague de chaleur (collèges Matisse, Fournier, Grange aux Belles, Boucher, Lamartine...).
Notre majorité doit amplifier son action.
Mais en attendant les rénovations, nous pouvons d’ores-et-déjà agir.
Nous faisons plusieurs propositions :
- L’installation de volets ou rideaux
- la réparation des systèmes d’ouverture des fenêtres,
- l’organisation de l’ouverture des fenêtres, notamment la nuit
- Le déploiement de systèmes de rafraichissement comme des ventilateurs, mais aussi le raccordement au réseau de froid parisien Des mesures simples, qui supposent un investissement dans des petites réparations, et l’entretien régulier des bâtiments.
De même, en matière de logement social, nous plaidons autant pour l’accélération de notre plan de rénovation, que pour des travaux immédiats qui peuvent pourtant changer singulièrement la vie des habitant.es. Comme avec le déploiement du plan volet.
Enfin, j’en viens à la question du travail. Nous sommes mobilisés depuis de nombreuses années sur le sujet. Lors de la MIE Paris à 50°C nous avions été les moteurs sur cette question centrale du travail. Le constat est évident, mais rappelé par l’Institut National de la Recherche et de la Sécurité : la chaleur peut constituer un risque pour les salarié·es. Que ce soit la coulée de bitume sortant à 70°C, ou devant les fourneaux en cuisine à 50°C, la chaleur est un risque pour la santé. Les auditions de la MIE 50°C des syndicats patronaux comme le MEDEF étaient à ce titre édifiantes, révélatrices du mépris de classe, du mépris des conditions de travail et de sécurité au travail.
Nous plaidons pour l’adaptation du travail. Notamment par les horaires en cas de canicule. Pour les agents de la Ville. Mais aussi des salarié·es de nos DSP et marchés.
Mais nous allons plus loin. Nous plaidons pour la création d’un droit de retrait. En cas de mise en danger de la santé des salarié·es. Selon, par exemple, l’indicateur de vigilance rouge de Météo-France. Qui doit permettre aux salarié·es les plus exposés d’activer un droit de retrait pour les fonctions non-essentielles, non vitales.
Bien sûr, la frontière entre fonctions essentielles ou non est ténue. Couler du bitume quand il fait plus de 40°C n’est pas essentiel. Soigner dans un hôpital l’est. Mais si la frontière est floue, cela ne doit pas nous empêcher d’avancer et de définir un droit de retrait.
Notre majorité de gauche a déjà beaucoup fait, et beaucoup de sujets restent devant nous. Nous serons toujours guidés par l’intérêt général. En matière d’écologie comme sur de nombreux sujets, être responsable aujourd’hui, c’est être radical pour bouleverser les logiques du système capitaliste, et construire un monde où l’humain d’abord se conjugue avec l’environnement aussi.

