Communistes Paris

Collecte des déchets : nous nous opposons fermement à l’augmentation du temps de travail des agents !

Zéro déchet

Madame la maire, mes chers collègues,

Un adage dit que “rapport de la CRC rime souvent avec austérité”. Nous pouvons dire qu’avec ce rapport qui nous est communiqué au sujet de la collecte des ordures ménagères, cet adage se confirme à nouveau.

Je vous propose de reprendre depuis le début. La Ville de Paris a aujourd’hui plus de 7500 agents à la direction de la propreté, dont 6000 sont affectés à la collecte de déchets résiduels, de déchets des marchés alimentaires, des déchets dans les corbeilles de rue, et les ordures ménagères. Dans la moitié des arrondissements, la collecte est effectuée par cinq entreprises titulaires de marchés publics.

Tout d’abord, nous tenons à saluer le travail effectué par tous ces agents. Ils se lèvent très tôt, rentrent tard chez eux et nous permettent de vivre dans une ville plutôt propre, quoi qu’en dise la droite. Nous les en remercions.

C’est parce que nous connaissons la difficulté du travail de ces agents que nous ne pouvons être d’accord avec les recommandations de ce rapport.

Premièrement sur le temps de travail. Suivre la première recommandation consisterait purement et simplement à augmenter le temps de travail pour tous les agents du service technique de la propreté. Nous nous y opposons fermement.

Oui, nous nous y opposons fermement , d’autant plus que dans le même rapport, il est relevé que les agents reconnus comme définitivement inaptes ont augmenté de +46% depuis 2017. Ils sont de plus en plus nombreux.

Pourquoi ?

Parce que le corps des agents de la Ville de Paris est vieillissant. Ce rapport demande à des agents qui ont souvent plus de 50 ans de se casser davantage le dos en ramassant les ordures, d’user davantage leurs articulations en soulevant les détritus.

Ceux qui réclament à ces gens de travailler plus longtemps, ce sont les mêmes qui réclament de décaler l’âge de la retraite à 64, 65, bientôt 66 ans. A ces gens-là, nous leur proposons d’aller porter des parpaings pendant un mois, d’aller faire le boulot d’une infirmière, d’une aide à domicile, ou simplement le boulot des agents de la propreté à Paris.

Non, nous sommes pas d’accord !

Autre affirmation du rapport : la collecte déléguée à des entreprises privées coûterait moins cher que la collecte organisée par la Ville. Premièrement, c’est inexacte : selon d’autres études, la tonne de déchets ramassée par le privé coûte 15 euros de plus que lorsqu’elle est enlevée par le public.

Mais parlons donc du coût de la délégation de la collecte à des entreprises privées. Ce coût, c’est d’abord celui de la désorganisation. Prenons l’exemple du nouvel arrondissement Paris Centre. La collecte est privée dans le 1e, 3e et 4e alors qu’elle est publique dans le 2e. Quel est le résultat ? Des bennes circulent de 6 heures du matin jusqu’à 23h le soir en fonction de l’endroit où vous vous trouvez dans l’arrondissement.

Ce coût de la délégation au privé, c’est aussi celui des conditions de travail dégradées. Aujourd’hui, les agents de la Ville bénéficient de bien meilleures conditions de travail, ainsi qu’une meilleure sécurité professionnelle grâce à leur statut. Pour ceux des entreprises privées, c’est précarité du statut et insécurité professionnelle.

C’est pourquoi nous proposons et proposerons systématiquement le retour en régie de compétences externalisées à des entreprises du privé à la fin de chaque marché.

Enfin, il est fondamental que le traitement des déchets ne soit pas une manne financière ni pour les grandes entreprises privées, ni pour les collectivités. Ces grandes entreprises utilisent trop souvent des emplois mal rémunérés pour dégager des profits. Ce n’est pas acceptable. Ce n’est pas ainsi que nous voyons la transition écologique.

Car oui, tous les efforts que nous effectuerons ne seront efficaces qu’à une seule condition : celle de la réduction de la production de déchets. Pour impulser le changement nécessaire, il convient d’agir à la racine du mal et de changer notre modèle de production. Les actions individuelles et l’incitation à la sobriété ne suffiront pas.

C’est pourquoi nous nous opposons le plus fermement à une taxe sur les ordures ménagères indicatives. Les classes populaires sont souvent celles qui achètent des produits et denrées peu chères par manque de pouvoir d’achat. Ces produits sont trop suremballés, et ce poids se retrouve dans les sacs poubelles. Cette taxe indicative n’aurait qu’un résultat : faire peser l’écologie sur le dos des classes populaires. Nous nous y refusons.

Nous préférons agir pour que les industriels produisent moins de déchets. Si nous souhaitons appliquer le principe du pollueur/payeur, appliquons le réellement et sans ambiguïté : faisons payer l’industrie de l’emballage.

Je vous remercie.

Jean-Philippe
GILLET

Élu du 19e arrondissement au conseil de Paris

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