Communistes Paris

Code de la rue

Nous avons évidemment besoin de renforcer à la fois la réglementation, l’éducation et les sanctions, car nous avons des chiffres très inquiétants sur la table. Entre 2019 et 2022, la circulation des engins à mobilité douce a engendré un nombre d’accidents en hausse significative, passant de 978 à 1.478. Chez les cyclistes, le nombre de blessés utilisant des vélos électriques est passé de 747 à 1.026 avec, cette fois, une grande majorité d’accidents pour les cyclistes non motorisés.

Je voudrais vous dire, Madame la Maire, que, oui, il y a chez les Parisiens aujourd’hui un sentiment de désordre et de violence entre les différents usages de l’espace public, et ce sentiment s’appuie sur des faits réels. Ces faits sont malheureusement aussi le résultat d’une libéralisation de notre économie, avec ses conséquences sur l’espace public, notamment le "free floating", les trottinettes, qui seront heureusement bientôt supprimées, mais aussi les vélos ou les scooters en libre-service, qu’il nous faudra mieux réguler et mieux organiser. Face à ce désordre et à cette violence, notre rôle, celui de la gauche, n’est pas de détourner le regard ou de dire "Code de la route", "Code de la route", mais il est bien d’affronter ces problématiques et d’y trouver des solutions, comme nous le faisons depuis de nombreuses années.

Le Code de la rue que vous proposez, Madame la Maire, rappelle des règles élémentaires et nous appelle à les faire respecter. Tout cela passe d’abord par l’éducation et commence par l’école. Je voudrais évidemment évoquer "Savoir rouler", Madame la Maire, et rappeler que ce dispositif - avant qu’il soit obligatoire et généralisé comme vous l’appelez de votre vœu dans cette communication - a été initié pour la première fois en France à Paris, dans le 12e arrondissement, dans l’école Gerty-Archimède en 2018. Grâce à notre club cycliste local, le "Paris Cycliste Olympique", qui est aujourd’hui représenté en tribune par Théo BARTUCCIO et Michel RUMEAU, qui intervient quotidiennement dans les écoles parisiennes, nous avons permis cette année encore à 2.000 enfants de Paris d’avoir leur diplôme "Savoir rouler", et cela, au-delà du 12e arrondissement, puisque, mon cher collègue Geoffroy BOULARD, nous avons accueilli une classe du 17e arrondissement. J’étais présent pour le 2.000e élève. Vous pouvez critiquer et dire "Code de la route", "Code de la route" mais la réalité est qu’aujourd’hui, depuis 2018, nous agissons, même dans le 17e arrondissement, pour que des enfants apprennent à rouler. Je voudrais dire que nous soutenons évidemment votre proposition, Madame la Maire, de généraliser "Savoir rouler".

Toutefois, nous la soutenons à condition qu’il y ait les moyens. J’ai déposé avant-hier un amendement budgétaire de 200.000 euros pour acheter plus de vélos, pour réparer ces vélos, pour former aussi de futurs éducateurs et pour investir sur la pelouse de Reuilly et faire un traçage d’un terrain dédié à "Savoir rouler". La DASCO a retoqué parce que, pour l’instant, nous n’avons pas les moyens de stocker les vélos, etc., donc nous attendons. Non, il ne faut pas attendre. S’il y a un problème de stockage de vélos, trouvons les lieux pour stocker ces vélos. Nous avons un outil formidable qui s’appelle le vélodrome Jacques-Anquetil à la Cipale où nous pourrions très bien stocker ces vélos et faire des départs de "Savoir rouler" vers la pelouse de Reuilly. Je vous invite donc à revoir cette position. Je sais que nous avons besoin d’un bilan tripartite avec la DASCO, la DJS et la DVD pour faire le point et généraliser ce "Savoir rouler".

En tous les cas, sachez compter sur les élus communistes pour pousser au maximum ce dispositif. Puisque notre collègue Geoffroy BOULARD a sans arrêt répété "le Code de la route", nous, communistes, souhaitons que le Code de la route soit généralisé pour tous les bacheliers et faire de l’obtention du diplôme du Code de la route un élément central d’une politique nationale, puisque c’est la responsabilité du Gouvernement. Nous sommes pour généraliser le Code de la route, mais aussi des piétons, puisque nous faisons aussi le "permis piéton" pour les écoles. C’est un enjeu fondamental d’éducation.

J’en viens maintenant à la question de la verbalisation. Nous sommes favorables à la verbalisation des comportements qui sont inacceptables aujourd’hui, notamment des cyclistes qui grillent les feux rouges, de ceux qui ne respectent pas les vitesses imposées et qui roulent sur les trottoirs. Nous sommes aussi pour verbaliser les automobilistes et les deux-roues motorisés. Toutefois, je voudrais dire, Madame la Maire, que cela est possible à condition que nous ayons les effectifs. Nous sommes d’accord aussi avec les opérations coups de poing de la police municipale, mais cela ne peut pas se faire sans la police nationale et sans le renfort d’une police de proximité. Je m’adresse ici à Mme la Préfète. Pour cela, je voudrais saluer les annonces de la Première Ministre Élisabeth BORNE concernant le renforcement des effectifs à hauteur de 8.500 hommes en France et le doublement des effectifs dédiés à la sécurité des transports.

Cependant, nous sommes bien loin des besoins nécessaires que nous estimons à 30.000 femmes et hommes statutaires sur le territoire national. Nous devons retrouver une politique avec une police nationale de proximité en nombre suffisant qui lui permettra d’être davantage sur le terrain. Je voudrais d’ailleurs évoquer les compétitions internationales auxquelles nous devrons faire face : Coupe du monde de rugby, Jeux olympiques, demain, Jeux paralympiques. Je voudrais dire que nous allons accueillir des millions et des millions de touristes, et la sécurité de ces événements ne doit pas se faire au détriment de la sécurité quotidienne, et notamment du respect du Code de la route. C’est pour cela que nous avons besoin d’un plan d’embauche à l’échelle nationale de beaucoup plus de policiers, notamment d’une police de proximité.

Voilà les limites de ce document, qui nécessite des adaptations législatives et un renfort national. Je pense aussi à l’autorisation pour les personnes en fauteuil roulant motorisé d’emprunter les pistes cyclables, à la réglementation plus stricte concernant la détection de présence dans les angles morts ou bien à la régulation des grosses cylindrées, notamment les S.U.V. Je voudrais ajouter que vous pouvez compter sur le groupe communiste pour l’interdiction et la taxation des S.U.V. à Paris. Mon collègue Jean-Philippe GILLET complétera mes propos, mais sachez compter sur le groupe Communiste pour défendre ce nouveau Code de la rue.

Nicolas
BONNET
OULALDJ

Élu du 12e arrondissement au conseil de Paris

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