Communistes Paris

Budget 2026

Intervention de Ian BROSSAT

Pour Paris, un Budget d’avenir face à l’hypocrisie des opposants

Ce budget, vous l’avez dit à très juste titre, nous le votons dans un contexte national difficile. Il est d’abord difficile pour les Françaises et les Français, difficile pour les classes populaires et les classes moyennes auxquelles il va être demandé de faire des efforts supplémentaires du fait de la politique du gouvernement. Un contexte difficile également pour les collectivités locales, et en particulier pour Paris, ville et département, puisque les collectivités locales sont mises à contribution à hauteur de 4,7 milliards à l’échelle du pays.

Dans ce contexte difficile, nous faisons le choix à Paris de voter un bon budget, un budget de progrès social et écologique, et notre groupe s’en réjouit. Un budget dont les fondamentaux sont bons, un budget dont les priorités sont justes.

D’abord, le choix que nous faisons, le choix que vous faites, Mme la Maire, de maintenir en cette fin de mandature un haut niveau d’investissement, à hauteur de 1,6 milliard d’euros. C’est un choix absolument fondamental. Il est fondamental d’abord pour répondre aux besoins des Parisiennes et des Parisiens : la justice sociale et l’écologie. Il est essentiel aussi pour soutenir l’emploi dans une période de difficulté économique, parce que l’investissement public, et en particulier celui des collectivités locales, permet de remplir les carnets de commande des entreprises et de créer de l’emploi.

Il est essentiel également parce qu’il répond à un enjeu absolument fondamental : le logement et l’habitat. Dans une ville où le logement demeure extrêmement cher, nous faisons le choix d’investir cette année 900 millions d’euros en faveur du logement, et notamment du logement social. C’est un record absolu. C’est le choix de considérer que celles et ceux qui travaillent à Paris, qui produisent les richesses de cette ville, doivent avoir la possibilité d’y vivre.

Beaucoup de Parisiennes et de Parisiens se demandent s’ils pourront continuer à vivre dans cette ville dans les cinq, dix ou quinze années qui viennent, si leurs enfants auront la possibilité d’y faire leur vie. Nous faisons donc le choix de les protéger de la violence du marché en investissant dans le logement public, le logement social et le logement en accession à la propriété grâce au bail réel solidaire, qui permet de vendre du logement à 5 000 euros le mètre carré. Je note d’ailleurs le très grand nombre de Parisiens qui postulent à ce dispositif. C’est un choix heureux.

Dans le cadre de ce budget, notre groupe proposera évidemment un certain nombre d’inflexions par le biais d’amendements budgétaires. Je pense en particulier aux amendements sur les enjeux liés au périscolaire, aux écoles, aux petites Parisiennes et aux petits Parisiens. Ce que nous souhaitons, c’est un choc de moyens pour le périscolaire parisien, notamment au regard des événements dramatiques récents, du personnel mobilisé aujourd’hui devant l’Hôtel de Ville, et des nombreuses interventions de notre groupe ces dernières années, notamment par la voix de Jean-Noël Aqua.

Notre objectif est un véritable saut qualitatif dans le périscolaire parisien. Cela passe, comme le prévoient nos amendements, par une accélération du plan de déprécarisation des personnels. Nous souhaitons zéro personnel vacataire sur un poste fixe. C’est un objectif qui doit être atteint. Nous souhaitons également un plan de formation massif des personnels du périscolaire, dans la continuité de l’ensemble de nos interventions budgétaires passées.

Ce budget sera enfin, j’en suis convaincu, un grand moment de vérité. À l’approche des élections municipales, on entend beaucoup de choses. Et ce que j’entends surtout du côté de la droite parisienne, de Mme Dati et de ses amis, c’est une gigantesque hypocrisie.

L’hypocrisie qui consiste à alerter sur le niveau de la dette tout en participant à un gouvernement qui a accru la dette du pays de 1 000 milliards d’euros en huit ans. L’hypocrisie qui consiste à alerter sur la dette parisienne tout en soutenant Mme Pécresse à la région, qui a fait exploser la dette d’Île-de-France Mobilités et les frais de fonctionnement de la région.

Hypocrisie aussi qui consiste à demander chaque matin des économies supplémentaires tout en demandant aux contribuables parisiens de payer vos frais d’avocat par le biais de la protection fonctionnelle. Hypocrisie qui consiste à pleurer sur le sort des personnes à la rue et des campements parisiens tout en refusant les centres d’hébergement dans vos arrondissements. Hypocrisie monumentale encore, qui consiste à alerter sur les difficultés de logement tout en refusant systématiquement la production de logements sociaux dans les arrondissements du centre et de l’Ouest parisien. Hypocrisie également qui consiste à réclamer un trafic plus fluide tout en proposant d’ouvrir de nouvelles voies à l’automobile, jusqu’à vouloir remplir de voitures et de SUV la rue de Rivoli, que nous avons transformée — et heureusement.

Hypocrisie enfin qui consiste à prôner l’apaisement de l’espace public tout en refusant, Mme Dati, dans votre arrondissement, les rues aux écoles, pourtant largement plébiscitées par les Parisiennes et les Parisiens, adultes comme enfants. Oui, ce budget sera un moment de vérité, et ce débat budgétaire éclairera les Parisiennes et les Parisiens à quelques mois des prochaines élections municipales. Merci.

Intervention de Raphaëlle PRIMET

Un Budget pour la Justice Sociale, la Culture et la Protection des Femmes

Le budget Lecornu est un carnage. Il s’attaque aux malades, aux plus faibles et protège les plus riches et les grandes fortunes. Pendant ce temps-là, les familles, les salarié·es, les retraité·es doivent se serrer la ceinture. Cette politique, nous la connaissons : elle ne fonctionne pas. L’austérité ne produit ni croissance, ni justice, ni recettes supplémentaires. Elle produit moins de services publics, plus d’inégalités et plus de colère.

Dans ce contexte, le domaine culturel est frappé de plein fouet. La situation est inédite : pour la première fois depuis 2017, le budget de la culture recule de 7 %. Avec Madame Dati, même le financement du patrimoine chute de 18 %. Et L’éducation artistique et culturelle et le Pass Culture sont tout simplement divisés par deux. L’incohérence est flagrante : tandis que les ministres de la Culture et de l’Éducation nationale affichent un plan ambitieux pour promouvoir la lecture, le projet de loi de finances réduit drastiquement les moyens qui lui sont consacrés. Les crédits dédiés au développement de la lecture et des collections chuteraient de 12,9 millions d’euros en 2025 à 5,4 millions en 2026. Ces coupes menacent directement les auteurs, les librairies, l’édition, les manifestations littéraires et l’ensemble des professionnels du livre, notamment à travers une baisse de 25 % des crédits territoriaux et l’affaiblissement des moyens du Centre national du livre.

Décidément, et on l’a vu le mois dernier quand vous avez voté contre la subvention aux librairies, décidément Mme Dati et ses amis s’acharnent contre le livre , peut-être avez-vous peur que les livres fassent ce que vous redoutez le plus : éclairer, éveiller l’esprit critique et donner des armes intellectuelles à celles et ceux que vous préférez faire taire.

Ce climat alimente des actes d’agression visant des librairies, notamment celles engagées auprès des publics LGBTI+ ou diffusant des ouvrages consacrés à la Palestine. Face à ces attaques, nous portons un amendement de 100 000 euros afin de soutenir et protéger ces lieux essentiels de pluralisme et de liberté d’expression. Nous souhaitons aussi travailler sur les loyers des locaux commerciaux qui devrait pouvoir être encadré comme les loyers locatifs , à cet effet nous demandons la création d’un observatoire pour travailler à de futures reformes.

Dans le même temps, les collectivités territoriales sont directement ciblées par une austérité massive : entre 4 et 10 milliards d’euros d’économies imposées. Cela met en danger les investissements publics, les services de proximité et des milliers d’emplois. Pour Paris, la ponction pourrait atteindre 230 millions d’euros. Mme Dati se permet ensuite de critiquer les collectivités pour leur soi-disant désengagement culturel, alors même qu’elles financent déjà près de 70 % de la dépense culturelle publique. L’État se désengage, puis accuse les collectivités. À Paris, nous faisons un autre choix : il n’y aura pas de baisse. Nous assumons de défendre une culture vivante, pluraliste et populaire. Une culture comme un droit pour toutes et tous, et non comme un privilège réservé à quelques-uns.

Mais soutenir la culture, c’est aussi respecter celles et ceux qui la font vivre au quotidien. Nous voulons attirer votre attention sur la situation des intervenantes culturelles de Paris Musées, des femmes pour l’immense majorité. Ces conférencières sont au cœur de nos musées : elles rendent la culture accessible, la démystifient, donnent envie, attirent le public. Depuis 2008, leur rémunération n’avait pas progressé, ces femmes très diplômées travaillant majoritairement à temps partiel touchaient à peine 13 euros par heure. Ces salaires ne sont ni dignes de leur expertise, ni à la hauteur de leur rôle essentiel. Elles se sont mobilisées et cela leur a permis d’obtenir une revalorisation en octobre 2025, mais qui reste largement insuffisante, à 15.euros de l’heure. C’est pourquoi nous proposons d’ajouter 160 000 euros au budget de fonctionnement de la Direction des affaires culturelles afin d’atteindre un objectif clair : 20 euros nets de l’heure.

Nous vous proposons aussi de défendre les Frigos, avec 100 000 dans le 13e arrondissement. Les Frigos, c’est un lieu de création et de production unique, qui rassemble plus de 120 artistes, créateurs, entrepreneur·ses. C’est un espace de rencontre, d’expérimentation, un pilier de la diversité culturelle parisienne.

Aujourd’hui, le site se dégrade fortement et nécessite des travaux urgents pour garantir la sécurité et la pérennité des ateliers. Alors que des espaces restent vacants et que la demande de lieux de création explose, nous proposons de financer une étude complète afin d’évaluer l’état du site, les besoins de rénovation et les scénarios possibles pour préserver ce lieu culturel essentiel.

Parce que l’égalité d’accès aux équipements publics est un combat central, nous voulons aussi parler du quartier de Ménilmontant. Depuis la fermeture du centre d’animation des Amandiers, il manque un équipement entièrement dédié à la jeunesse. Grâce aux initiatives du Groupe Communiste et Citoyen, la parcelle du 4 rue de la Mare a été acquise pour y créer un Centre Paris Anim’. Aujourd’hui, les études sont lancées : il faut maintenant engager le chantier. Nous proposons donc d’inscrire 10 millions d’euros en autorisations de programme.

Autre urgence absolue : la lutte contre les violences faites aux femmes. Pour 2026, nous proposons 800 000 euros supplémentaires afin de renforcer les associations, développer la prévention, l’éducation à l’égalité, et soutenir la santé et l’autonomie des Parisiennes. Huit ans après que l’égalité femmes-hommes a été proclamée « grande cause nationale », le budget qui y est consacré reste dérisoire : 100 millions d’euros, soit 0,02 % du budget de l’État. Les mots sont là, mais les moyens n’y sont pas. Et pendant ce temps, les violences continuent. En 2025, 158 féminicides ont été commis. Les agressions sexuelles ont augmenté de 86 % entre 2016 et 2024. Oui, nous exigeons de l’état des budgets. Pour que les violences sexistes et sexuelles cessent, pour que les victimes soient protégées, accompagnées, entendues. Pour renforcer les dispositifs de prévention, d’hébergement, de santé, d’insertion. À Paris, nous agissons déjà, à travers l’Observatoire parisien des violences faites aux femmes, les associations, les services publics et le Plan parisien de l’égalité 2024-2027. Mais les besoins augmentent et notre budget reste insuffisant, c’est pour cela que nous demandons que soit ajouté 800 000 euros au budget a ce titre.

Enfin, je veux évoquer un projet qui nous tient particulièrement à cœur au sein du groupe communiste : la Maison des Coursiers. Ouverte en 2021 par CoopCycle, elle est devenue un lieu refuge et d’émancipation pour plus de 1 200 livreurs précaires, souvent isolés, parfois sans-papiers. On y trouve de l’accompagnement, de la formation, du soin, de la solidarité. On y retrouve surtout de la dignité. Pour pérenniser cette mission essentielle, nous proposons 15 000 euros supplémentaires afin de maintenir un second poste de coordination et de soutenir le CIEL, avec un objectif clair : permettre à terme une auto-gestion par les livreurs eux-mêmes.

Intervention de JEAN-NOËL AQUA

Une Politique ambitieuse pour l’Éducation et le bien-être des enfants

Nos services publics sont menacés. Ils sont pourtant la force de notre modèle social, de notre République. Mais ils sont aujourd’hui asphyxiés par les politiques d’austérité imposées par 50 nuances de droite. Je vais l’illustrer sur l’éducation. Le budget présenté par le gouvernement acte :

  • le gel du point d’indice
  • la suppression de 4000 postes dans l’éducation nationale
  • une baisse de dotation pour la recherche et l’enseignement supérieur.

Ces postes supprimés, ce sont autant de classes surchargées, et d’enfants décrocheurs. Ces salaires insuffisants, ce sont autant de postes non pourvus, et de remplacements non effectués. Ces emplois non créés, ce sont autant de jeunes piégés par l’enseignement privé, notamment dans le supérieur. Cette austérité nuit gravement aux classes populaires, et à l’avenir de tous nos enfants. Elle est le choix de la droite aux affaires, de la droite des affaires. Des Macronistes aux soi-disant Républicains, avec la complicité de l’extrême-droite. Et tarfurerie, la droite refuse d’assumer cette politique de casse sociale.

Les suppressions de postes dans l’éducation nationale, ce sont les ministres et députés parisiens comme Me Dati, Mes et Mrs Maillard, Amiel, Missoffe, Panosyan-Bouvet, Olivia Grégoire qui en sont co-responsables. Mais en même temps, vous prétendez vous préoccuper des écoles pu En vous écoutant, on se croirait aux Guignols de l’intox. Vous faites semblant de soutenir la mobilisation des animateurs. Mais vous gelez leur salaire à l’Assemblée nationale. Et vous exigez un service minimum pour casser leurs grèves. Je parlais de Guignols de l’intox... mais ils tournent au film d’horreur de catégorie B.

Quand M. Retailleau appelle à faire barrage à la gauche lors d’un duel PS-RN, Quand M. Sarkozy, multidélinquant souhaite un rassemblement "sans exclusive et sans anathème", incluant implicitement l’extrême droite, Quand Mme Knafo indique, je cite « Une entente entre le bloc RN et la candidate LR – et elle parle de Mme Dati – serait naturelle et même un devoir », on aura compris d’où vient cette casse sociale.

D’une virée à la droite extrême, d’une bonne partie de la droite.

Face à cette dérive, Paris doit demeurer une digue face à la xénophobie et au mépris de classe. Et notre meilleur atout, c’est le partage et le commun.

Notre budget 2026 est marqué par une ambition de justice sociale. Nous nous réjouissons des amendements qui seront adoptés visant à garantir la pérennité de l’emploi dans l’éducation, pour les animateurs et animatrices, pour les PVP, mais aussi pour les ASEM.

La baisse de la démographie est réelle à Paris. Comme dans le reste de la France. La Droite en profite pour supprimer des postes, et bourrer au maximum les effectifs par classe.

A Paris, nous ferons l’inverse. En fait, l’exact inverse.

Nous utilisons la baisse de la démographie pour améliorer les conditions d’encadrement. En ne supprimant aucun poste, tant en matière de PVP, que d’animateur.rices, que d’ASEM, nous augmenterons mécaniquement la qualité du service public, en améliorant les taux d’encadrement sur les temps périscolaires mais aussi scolaires.

Cette avancée que nous avons portée, résulte aussi de la lutte syndicale des agents que je salue. Sur les postes de PVP d’ailleurs, nous créerons un poste de coordinateur de l’expérimentation des semaines d’apprentissage du savoir nager, une belle façon de promouvoir cette pratique.

Sur les postes d’animateur.rices, nous voulons aussi accélérer le plan de déprécarisation.

Nous avions initié ce plan qui a permis de stabiliser 1600 agents. En ces temps de casse sociale, c’est remarquable. Mais nous devons accélérer, et mettre fin à la vacation sur poste permanent.

Nous devons aussi accélérer les recrutements pour améliorer les taux d’encadrement. Et former tous les animateurs.rices, notamment à la détection des signaux faibles en matière de violence sexuelle et à leur prise en charge. La stabilité des emplois en la matière est essentielle.

Pour favoriser le service public d’éducation, il y a les postes, mais aussi les moyens matériels. La Ville rénove massivement chaque année son bâti scolaire, pour près de 40 millions d’euros. Elle garantit des tarifs de cantine progressifs, le plus bas à 13 centimes, avec une alimentation de qualité. Elle offre les fournitures scolaires en élémentaire. Des actes démontrant la priorité que la Gauche accorde au service public.

Un dispositif encore trop peu utilisé est celui des classes découvertes. Il permet de faire partir des classes à la mer, à la montagne, à la campagne. Pour suivre des cours bien sûr, mais aussi pour s’ouvrir au monde et découvrir l’autre et le collectif. Ce dispositif est plébiscité en termes pédagogiques par les enseignants.

Nous proposons que tout élève des écoles publiques puisse partir au moins une fois dans sa scolarité en classe découverte. Nous déposons un amendement à 1 million d’€ pour le faire. En prenant cette somme sur la dotation du collège Stanislas.

Car nous saluons la décision de la Ville de geler la dotation de Stanislas qui encore une fois ne respecte pas ses obligations contractuelles. Je demande au passage que la Ville demande la suspension de son contrat d’association.

Enfin, de nombreux faits de violences sexuelles sont survenus dans nos écoles sur les temps périscolaires ainsi que dans des structures de la protection de l’enfance. Ces faits nous obligent à renforcer le dialogue avec les parents, améliorer la formation des personnels et créer des instances de signalement et de traitement de ces faits.

A la différence de la droite, nous n’avons pas l’indignation à géométrie variable. Nous luttons contre ces violences d’où qu’elles viennent, dans le public, comme dans le privé. Nous ne cherchons pas à censurer des rapports d’inspection. Nous voulons à l’inverse en parler, et donner les moyens aux agents de prévenir, et détecter ces violences.

Nous proposons donc l’augmentation de 3 millions d’€ de l’enveloppe « formation » dévolue à la protection de l’enfance. Car nous savons que la formation est un enjeu crucial pour la qualité de l’accueil des enfants bien sûr, mais aussi pour la lutte contre les VSS.

Nous proposons aussi que 3 millions servent à améliorer la prise en charge des mineurs isolés afin de leur garantir un hébergement, un suivi éducatif et un accès aux soins adaptés.

Enfin, sur un registre tout aussi essentiel, vous savez l’attachement des communistes au départ en vacances des enfants de toutes les classes sociales. En colonie de vacances bien sûr. Mais aussi grâce au dispositif Paris Jeunes Vacances que nous proposons de renforcer de 200.000 €, pour permettre à davantage de jeunes de quitter Paris.

Par toutes ces actions, notre majorité de gauche démontre par l’exemple qu’une autre politique est possible. Aux antipodes de la casse sociale et du repli sur soi xénophobe, nous démontrons qu’une politique du partage et du commun est possible. Beaucoup a déjà été fait, mais beaucoup reste à faire. Ni pessimistes, ni optimistes, nous serons mobilisés demain comme hier pour faire vivre l’émancipation au quotidien.

Intervention de JEAN-PHILIPPE GILLET

Un Budget de Résistance pour la Santé, le Logement et l’Équité Sociale

A l’heure de l’austérité imposée par l’État, à l’heure où les libéraux tentent de nous imposer des coupes mortifères dans tous les secteurs, excepté dans le domaine militaire, la Ville doit demeurer un pôle de résistance et une collectivité protectrice.

Alors qu’en 2025, 65% des français déclarent avoir renoncé à des soins faute de moyens, en 2026, les congés maladies seront moins pris en charge, la durée des arrêts maladies sera limitée à 1 mois pour une première prescription et deux mois pour un renouvellement, les franchises sur les soins dentaires seront doublées et les déserts médicaux vont continuer à gagner du terrain en France.

Pendant ce temps, les entreprises privées continueront à bénéficier de 210 milliards d’euros d’aides sans condition ni contrepartie, dont 80 milliards d’exonérations de cotisations, de quoi continuer à définancer notre système de santé.

Alors, plus que jamais, ce budget parisien pour l’année 2026 doit démontrer qu’une autre politique est possible et qu’il est possible de renforcer nos services publics au service de tous les habitants.

C’est pourquoi le groupe communiste, attaché au service public de santé bataille pour la préservation de l’hôpital public et le développement des centres municipaux de santé. Aujourd’hui, la direction de la santé publique est confrontée à une accumulation de défis : la population vieillit, la précarité sanitaire explose et la crise COVID a laissé des traces et malheureusement trop peu d’enseignements. Sans personnels, les crises ne peuvent être ni anticipées, ni traitées correctement lorsqu’elles surviennent. C’est pourquoi nous souhaitons que les postes de secrétaires médico-social en centre de santé soient pourvus afin de renforcer les personnels qui gèrent les dossiers et les prises de rendez-vous et qui permettent concrètement aux équipements de santé de fonctionner. Lorsque les secrétaires manquent ce sont les soignants qui assurent ces tâches sur le temps qu’ils devraient consacrer au temps médical.

Créer ces postes c’est désengorger nos équipements, réduire les délais d’attentes pour les usagers et améliorer les conditions de travail de nos professionnels de santé. En 2025, un français sur trois présente des signes de souffrance psychologique. La souffrance psychologique est l’un des maux de notre siècle.

C’est pourquoi nous souhaitons créer 2 postes de psychologues pour renforcer les Centres d’adaptation Psychopédagogiques et, parce que la santé c’est aussi « aller vers » les publics isolés, nous voulons financer un poste d’éducateur spécialisé pour compléter les équipes d’assistants sociaux et infirmières dans le cadre du dispositif ELIAHS dans les 13e et 19e arrondissements. Ce dispositif permet d’intervenir auprès des résidents du parc social qui vivent majoritairement seul et qui sont identifiés comme potentiellement en situation psychosociale dégradée.

Enfin, le logement social doit être soutenu. Car le logement constitue aujourd’hui le premier poste de dépense des ménages en France, 27% du revenu en moyenne et jusqu’à 50 % pour les locataires dans les zones tendues comme Paris.

Le logement c’est bien plus qu’un toit : c’est la condition première de la dignité, de la sécurité et de l’intégration sociale. Sans logement stable, comment travailler, étudier, accéder aux soins ou tout simplement vivre dignement  C’est pour cela que nous souhaitons accroître le parc public de logements. Mais il faut aussi renforcer l’offre locative privée.

Dans cette perspective nous nous félicitons de l’augmentation du budget de la foncière du logement abordable pour cette première année de mise en route. Pour poursuivre cet effort nous souhaitons créer 2 postes de prospection au sein de la direction du logement et de l’habitat pour assurer le suivi du parc privé.

Car nous sommes dans un contexte de boom de la vacance et des résidences secondaires, et où la législation impose la rénovation des passoires en vue d’une mise en location, donc dans un contexte d’attrition du parc privé. A cela s’ajoute la crise des bureaux : 6 millions de m² de bureaux sont vacants en Île-de-France. C’est le résultat du surdimensionnement des offres de bureaux dans les projets privés.

Ces bureaux commencent à muter en logement. Cependant nous ne voulons pas n’importe quel logement, il n’est pas question d’y faire du coliving pour que les investisseurs spéculent sur la crise du logement. Non, nous souhaitons y développer du logement étudiant public, donc social.

Ces deux postes permettront donc de mieux connaître le parc privé, dénicher des opportunités ou contacter les copropriétés dans le but, in fine, de reconquérir des logements et les remettre sur le marché. Nous souhaitons aussi créer une brigade du logement, avec 15 postes, toujours à la direction du logement et de l’habitat dans le but contrôler les 20 à 30.000 annonces illégales de meublés touristiques à Paris.

Il en va de même pour assurer le strict respect de l’encadrement des loyers, car certains propriétaires continuent de passer à travers les mailles du filet, au détriment des locataires. Grâce aux efforts de la ville les signalements des locataires ont explosé, ce qui allonge les délais de traitement. Il faut donc assurer des délais plus courts car c’est une question urgente de justice pour les locataires lésés.

Enfin, parce que notre ville demeure attractive avec 320.000 ménages inscrits comme demandeur d’un logement social et parce que nous amplifions chaque année la part de logements sociaux, il apparaît nécessaire de renforcer le dispositif Accompagner-reloger les publics prioritaires. Ce dispositif permet d’attribuer 2.000 logements par an à des personnes en hébergement d’urgence ou en situation de grande précarité. Traditionnellement, il permet d’accorder un logement dans des délais très court.

Mais la situation sociale est telle que le nombre de sollicitations a explosé. 4100 personnes en 2022 contre 4950 en 2024, et nous dépasserons la barre des 5000 en 2025. Pour apporter une réponse à ces demandeurs en situation de précaire et pour réduire drastiquement les délais de traitement nous devons créer un nouveau poste de secrétaire administratif.

Mes chers collègues, ces propositions portent une conviction simple : face à l’austérité, Paris doit rester un rempart. Renforcer la santé, le logement et l’accompagnement social est un impératif face à l’urgence sociale. Le groupe communiste défendra toujours un budget de résistance, utile et au service de celles et ceux qui en ont le plus besoin.

Ian
BROSSAT

Élu du 18e arrondissement au conseil de Paris

Jean-Noël
AQUA

Élu du 13e arrondissement au conseil de Paris

Jean-Philippe
GILLET

Élu du 19e arrondissement au conseil de Paris

Raphaëlle
PRIMET

Élue du 20e arrondissement au conseil de Paris

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