Communistes Paris
Protection et temps de l'enfant à l'école

Agir contre les violences sexistes et sexuelles, protéger nos enfants, une urgence collective !

Monsieur le Maire, cher Emmanuel, chers collègues,

Les violences sexistes et sexuelles sont un fléau systémique, terrible dans sa banalité et le silence qui l’entoure.

Elles sont à la fois une cause et une conséquence d’une culture, la culture du patriarcat, la culture du viol.

Nous ne cesserons de dénoncer l’absence de loi-cadre sur le sujet, et l’insuffisance des moyens alloués par l’État. La protection des victimes, et la réponse judiciaire envers les coupables, EST une exigence immédiate.

Mais face à ce problème systémique, la solution ne peut être que collective. Par un changement culture et une politique publique résolue.

L’éducation est bien sûr LA clé de voute en la matière.

A ce titre, les violences sexuelles sur les enfants sont un double crime. Un crime sur les enfants victimes, dans leur chair aujourd’hui, mais aussi dans leur futur, sans oublier leurs familles. Mais un crime aussi sur l’avenir, en contribuant à cette culture de violences pour demain.

Les violences révélées dans le périscolaire parisien sont insupportables. Elles arrivent à Paris comme dans toute la France, mais elles sont symptomatiques à Paris du fait de leur volume. Elles démontrent qu’un système est à revoir. Alors je le dis, le plan d’action de la Ville est à la hauteur des enjeux pour protéger les enfants et refonder les pratiques autour du signalement, de la transparence et de la prévention.

Le texte annonce des mesures fortes :

  • suspension des agents mis en cause,
  • information des familles,
  • formation des agents,
  • création d’une école parisienne du périscolaire,
  • meilleure prise en charge des victimes,
  • audit par une commission indépendante

Les moyens devront désormais être mis en face des besoins colossaux. J’imagine que tous les groupes soutiendront les moyens pour les services publics. A rebours de l’austérité infligée aux écoles avec la saignée en postes à la rentrée. C’est votre responsabilité politique.

Afin de ne pas répéter ce qui est déjà (bien) écrit, permettez-moi de verser quelques points au débat, sur le statut des animateurs, les rythmes de l’enfant, et les programmes, quand ma collègue Hélène Bidard, développera la communication, les signalements et l’aide aux victimes.

Un point central est la question de la filière de l’animation. Pour lutter contre les violences, comme pour organiser un service public de qualité, nous avons besoin d’agent.es bien formés, sur des contrats stabilisés, reconnus dans leurs fonctions.

Les communistes déposent année après année des amendements RH, en demandant un plan de déprécarisation. Nous avions eu partiellement gain de cause en 2022. La Ville doit passer aujourd’hui à la vitesse supérieure. La norme doit être des postes permanents et bien rémunérés.

Les agents doivent obtenir des brevet ou certificat de l’éducation populaire B(C)PJEPS.

Leur formation doit aussi mettre l’accent sur la lutte contre les violences sexuelles. Sur les procédures d’encadrement, la détection des signaux faibles, le signalement, notamment via l’article 40.

C’est en professionnalisant la filière, que nous pourrons tant lutter contre les violences sexistes et sexuelles, qu’améliorer la qualité du service public.

Par ailleurs, la question des rythmes de l’enfant est aussi centrale. Notre responsabilité première est d’organiser des rythmes favorables à l’éducation, avec un périscolaire complémentaire.

Plusieurs enjeux sont à prendre en compte : pédagogie, fatigue des enfants, conditions de travail, déprécarisation, taux d’encadrement, travail en équipe, complémentarité scolaire/périscolaire, finalités du périscolaire.

Si nous voulons refonder l’offre périscolaire à Paris, nous devons en débattre, et c’est l’objet de la convention à venir.

Nous le défendons depuis des années, nous plaidons pour une semaine sur 4 jours. Mais ce n’est que le petit bout de la lorgnette d’un sujet global. Je dénonce donc tout d’abord la diminution du temps scolaire décidée par Nicolas Sarkozy, ce président si peu attaché à l’intérêt public. Avec la suppression des samedis matin, c’est une année entière de scolarité qui a été perdue. Avec l’absence de remplaçants, c’est une deuxième année de perdue. Les enfants des catégories populaires en sont les premières victimes. Nous ne pouvons discuter des temps scolaires sans voir l’éléphant au milieu du magasin.

Ceci dit, le débat sur les temps de l’enfant doit être nourri par les experts, et le scientifique que je suis, ne peut que le souligner. Les experts disent ce qui est. Le politique, citoyens comme élus, ce qui doit être.

Les experts du quotidien des élèves sont les enseignant.es, et les animateurs.rices. Ils ont une vue directe sur nos décisions. Ils doivent être impliqués de façon étroite à ce débat. Tout comme les associations de parents d’élèves.

Pour éviter l’échec de la convention citoyenne organisée par E. Macron, avec des travaux entre juillet et août, l’exclusion de pans entiers de la recherche, et des conclusions écrites à l’avance, nous devons faire mieux en pariant sur le débat contradictoire, et l’intelligence collective.

Permettez-moi de finir plus brièvement sur la question du programme d’éducation à la vie affective et relationnelle, l’EVAR, avec le S de Sexuel en collège. Il est temps que cesse l’obstruction des réactionnaires. Nous devrons être vigilants avec l’académie sur le déploiement de ce programme, notamment dans les établissements privés sous contrat qui ne peuvent échapper à leurs obligations.

Je conclue donc. La libération de la parole sur les violences sexuelles et sexistes dans les établissements scolaires nous oblige collectivement à un changement culturel et structurel. Les communistes auront toujours pour but de placer l’enfant au cœur de nos actions, le respect de sa dignité comme l’exigence de son épanouissement.

Jean-Noël
AQUA

Élu du 13e arrondissement au conseil de Paris

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