Adaptation du bâti scolaire parisien et mise en sécurité climatique
Conseil d'octobre 2026Intervention de Ian BROSSAT
L’été 2026 a été le plus chaud jamais enregistré en France et le second le moins pluvieux. Cinq vagues de chaleur se sont succédées et la barre des 30° a été franchie pendant 48 jours.
Dans ce contexte de crise écologique, le moins qu’on puisse dire, c’est que l’État est aux abonnés absents et la droite qui voue un culte à l’austérité est proprement irresponsable.
Dans son budget 2027, on constate une hausse en trompe l’œil du Fonds vert, fonds destiné à aider les collectivités à s’adapter au changement climatique.
C’était certes 837 millions d’euros en 2026, ce sera un milliard d’euros en 2027, mais ne l’oublions pas, c’était deux milliards cinq en 2024.
Après l’été le plus chaud jamais connu en France, l’ADEME, l’agence de transition écologique, voit également son budget d’intervention diminuer de 350 millions d’euros, dont 300 millions d’euros pour le Fonds Chaleur alors que la canicule a tué plus de 8 000 personnes en France en 2026.
Le Ministère de la Transition écologique, quant à lui, va perdre 126 équivalents temps plein quand 156 équivalents temps plein seront supprimés dans certains de ses opérateurs, en particulier au Centre d’études et d’expertises sur les risques et à l’Institut national de l’information géographique et forestière, après un été frappé par 21 000 départs de feu et 98 000 hectares de forêts brûlées, un record depuis cinquante ans.
En matière d’atténuation, on se souvient qu’en juin 2025, malgré l’urgence climatique, LR et l’extrême droite à l’Assemblée nationale ont voté main dans la main un moratoire concernant le développement des projets éoliens et photovoltaïques.
Face à cette inaction criminelle de l’État, la Ville de Paris, vous l’avez annoncé et nous nous en félicitons, va investir 400 millions d’euros en urgence et fixe des objectifs très concrets.
D’ici 2027, nous allons déployer cent voiles d’ombrage dans les rues, doter chaque crèche, école, collège d’une salle rafraîchie pour garantir la continuité du service public, déployer des protections solaires dans plus de trois cents établissements et des brasseurs d’air dans cent trente établissements, raccorder une vingtaine d’établissements au réseau fraîcheur de Paris.
D’ici le terme de l’été 2028, les protections solaires seront posées dans les 500 écoles et collèges et l’ensemble de leurs cours seront des cours oasis ombragées et brumisées.
D’ici 2031, les crèches seront intégralement équipées en protections solaires et brasseurs d’air et en cours oasis ou rafraîchies en 2032.
Quant à vous, du côté de la droite parisienne, j’ai été très impressionné par votre intervention tout à l’heure. Magnifique intervention de Grégory Canal. Et je souhaite vraiment qu’elle soit diffusée auprès de tous les locataires du parc social. Vous avez dit tout à l’heure : "La ville de Paris rénove 5 000 logements sociaux chaque année, c’est trop. Vous dépensez trop d’argent pour la rénovation du parc social."
C’est dire le mépris que vous portez pour les 30% de Parisiennes et de Parisiens qui vivent dans le logement social, qui travaillent, qui contribuent aux richesses de cette ville.
Des infirmières, des assistantes maternelles, des éboueurs qui se lèvent beaucoup plus tôt que vous, qui se couchent beaucoup plus tard que vous et qui sont beaucoup plus utiles aux Parisiennes et aux Parisiens et dont vous estimez, et dont vous estimez qu’ils sont trop gâtés et dont vous estimez que nous consacrons trop d’argent pour leur permettre de vivre dans des conditions dignes.
Eh bien, pour ce qui nous concerne, nous, nous sommes très fiers de continuer à rénover le parc social à Paris parce que nous avons besoin de traiter dignement ces hommes et ces femmes qui contribuent aux richesses de cette ville et que vous méprisez tant.
C’est dire que nous sommes favorables à cette communication et que nous ne lâcherons pas un pouce face à ceux qui méprisent un tiers de la population parisienne.
Intervention de Jean-Noël AQUA
Le réchauffement s’est ancré dans nos vies comme une évidence marquée de pénibilité, de souffrance et de mortalité. 8100 morts prématurées du fait des canicules en 2026. Et une vie indigne pour les personnes, souvent les plus modestes, qui habitent dans des logements surchauffés.
Face à ce vécu, une partie de la droite et de l’extrême-droite, continue d’être climato-sceptique. Pour Pascal Praud sur Cnews, la chaleur de 2026 « n’est pas une chaleur exceptionnelle ». Dans la lignée de Valeurs actuelles fustigeant en une les « Charlatans de l’écologie ». Pour Christophe Barthès, député RN, « peut-être dans 10 ou dans 15 ans, [le climat] ne se sera pas plus réchauffé ». Quand les LR, ont fait voter un moratoire sur l’éolien et le solaire !
Cette offensive idéologique prépare le terrain à l’inaction climatique de la droite au pouvoir qui supprime :
- 300M€ à l’ADEME
- 40M€ de la rénovation des écoles
- 500 M€ de MaPrimeRenov
- 282 postes au ministère de l’écologie
Pour trouver les moyens pour la guerre, le gouvernement est là. Beaucoup moins pour l’environnement. Cette tartufferie est insupportable.
Elle contraste avec l’action de Paris, l’une des premières collectivités à se doter d’un plan climat. Résultat, entre 2005 et 2023, nos émissions de CO2 ont baissé de 35%. Mais le réchauffement se poursuit et nous devons lui déclarer la guerre.
Nous saluons donc le plan canicule de notre majorité, et je voudrais revenir sur trois points.
Le premier, le travail et sa pénibilité lors des canicules. Lors des auditions de la MIE Paris à 50°C, nous avions abordé les coulées de bitume, les chantiers de construction, ou les fours en cuisine. Avec une évidence : l’impréparation du patronat, qui estimait qu’il n’y avait pas de sujet ! La dangerosité des canicules est largement sous-estimée. Provoquant des dizaines de morts chaque année : comme Daniel ce couvreur drômois mort à 19 ans après un après-midi sur les toits … Il faut bien sûr adapter les postes de travail, comme les horaires.
Mais il y a des situations où l’arrêt du travail s’impose. Nous proposons que les codes de vigilance canicule orange et rouge, permettent l’arrêt du travail pour les fonctions non essentielles. Cela doit être notre doctrine, en considérant l’outil des Autorisations Spéciales d’Absence pour les fonctionnaires parisiens. Nous voulons la généraliser dans nos marchés et délégations de service public.
Nous plaidons aussi pour l’évolution du code du travail prenant en compte le risque canicule. Et nous pensons que la fermeture potentielle des écoles devra être travaillée à l’avenir, mais de façon anticipée.
Deuxième sujet, la rénovation et l’adaptation du bâti.
La rénovation des logements sociaux doit s’accélérer pour procurer autant les conforts d’hiver et d’été. Tout comme la rénovation du bâti scolaire, qui est de notre responsabilité.
Nous devons planifier autant les petits travaux (volets, huisserie, ventilation) que les rénovations structurelles. Nous demandons par un vœu un tel plan, et serons sensibles aux moyens lors des futures discussions budgétaires.
Nous plaidons aussi depuis longtemps pour le développement de climatisations vertueuses. Notamment avec le réseau de fraicheur parisien. Il est aujourd’hui trop concentré sur les grandes entreprises de l’Ouest parisien. Nous voulons qu’il se développe vers les quartiers populaires, à l’est, afin de raccorder les écoles, collèges et EPHAD. Et nous proposons aussi de développer les solutions de géothermie de surface, notamment sur la centaine de sites déjà identifiés.
Mon troisième point concerne le financement des investissements. Lors de la MIE 50°, la droite et les amis de Mme Montandon, avaient refusé une séance dédiée au financement. Mais l’écologie sans les moyens, est une tartuferie. Nous n’avons rien à attendre du gouvernement avec sa saignée de 54Md€.
A Paris, des mesures peuvent être portées immédiatement. Taxe additionnelle sur les résidences secondaires et les logements vacants ; taxe sur les bureaux vides, taxe sur les palaces, etc. Nos propositions sont nombreuses.
Car l’environnement et l’habitabilité de notre planète et de nos villes méritent des moyens à la hauteur des enjeux et de notre ambition écologique.


