Communistes Paris

P.L.U. de Paris, organisation d’une conférence citoyenne préalable au lancement d’une procédure de révision visant à l’adoption d’un P.L.U. bioclimatique

Le Pari.s de la planète

Merci, Monsieur le Maire.

En 2016, nous votions une révision partielle de notre plan local d’urbanisme, qui n’est pas, faut-il le rappeler, un instrument technique, mais bien la traduction de nos choix politiques en matière d’aménagement. Nous avions soutenu la précédente révision parce qu’elle traduisait nos engagements en matière de logement, de création d’espaces verts, de lieux de respiration, de lieux de production artisanale et industrielle d’un nouveau type, et parce qu’elle préconisait un maillage territorial en équipements publics. Nous sommes aujourd’hui à une nouvelle étape et nous devons conjuguer l’impérieuse nécessité de répondre à l’urgence climatique, tout en maintenant nos priorités en matière de mixité sociale, en matière de logements sociaux, de mixité des usages de l’espace public. L’habitat, la production, les commerces, les services publics et les lieux de détente et de loisirs.

Nous connaissons les contraintes de notre territoire dense et nous voyons d’un bon augure que le travail préalable de révision s’appuie sur l’expertise de citoyennes et de citoyens de notre ville, mais aussi de notre espace métropolitain. Comme nous l’avons fait pour la M.I.E. sur l’avenir du périphérique, nous ne pouvons pas imaginer et envisager de réviser notre P.L.U. sans dialoguer avec les citoyens et les collectivités qui nous entourent.

Vous proposez qu’un panel de Parisiens de notre Métropole travaille en amont la révision du P.L.U. C’est une très bonne chose. Mais il ne faut pas oublier l’ensemble des structures de concertation que nous avons mises en place. Je pense notamment au Conseil des générations futures, au Conseil local de la jeunesse, aux conseils de quartier, aux acteurs et actrices de la vie citoyenne à Paris. Tous doivent être sollicités. De même, il sera important, à un moment de la concertation, que les organisations syndicales et patronales soient aussi consultées. Car nous devons penser l’urbanisme de notre ville avec celles et ceux qui y résident, mais aussi celles et ceux qui travaillent à Paris. Et d’ailleurs, pendant cette crise du Covid-19, nous avons pu remarquer que la majorité des personnels qui ont fait vivre les services publics et les commerces habitent en banlieue parisienne.

L’adoption dans un futur proche du P.L.U. nous oblige à repenser la ville. Une ville résiliente, comme le dit le projet de délibération, est une ville qui tient tous les bouts. L’urgence climatique, mais aussi l’urgence sociale. Notre P.L.U. doit contribuer et continuer à construire une ville qui inclut et qui n’exclut pas, une ville qui a pour objectif de rééquilibrer les usages. Non, le travail ne doit pas être qu’à l’ouest, les bureaux à l’ouest et l’habitat à l’est. Notre politique du logement social, tant décriée par la droite, doit continuer sur sa lancée. Il ne doit pas y avoir des quartiers de non-droit pour les logements sociaux et il ne doit pas y avoir non plus des ghettos de riches. Nous avions évoqué dans la communication de la "ville du quart d’heure", que chaque Parisien et Parisienne puissent avoir à proximité l’ensemble des biens et des services, y compris les services publics qui lui facilitent la vie.

Nous avons donc à croiser notre futur P.L.U. avec cette exigence de diminuer l’usage de la voiture. Nous devons mettre au coeur de la révision du P.L.U. les transports et la logistique. Notre futur P.L.U. doit prévoir des lieux qui favorisent une logistique propre, comme je l’avais proposé notamment lors de la M.I.E. sur le périphérique. Nous ne pouvons pas nous pencher sur les conséquences de l’aménagement de l’espace urbain, qui a souffert du tout voiture, sans nous attaquer aux racines du mal, et donc, nous attaquer aux causes. Prévoir des espaces logistiques qui organisent les livraisons, avec des véhicules propres pour le dernier kilomètre, réhabiliter le réseau ferré qui performances énergétiques, végétalisation, prise en compte de l’enjeu du confort d’été, matériaux biosourcés. Si la volonté de retrouver des espaces de respiration est forte, on ne peut pas pour autant arrêter de produire du logement. Dans le respect du patrimoine et du paysage de la rue, on doit continuer à produire du logement, continuer notre travail minutieux d’identification des parcelles, où le droit de préemption devra être renforcé, et l’on pourra flécher des réserves pour la création de logements sociaux supplémentaires. Ce P.L.U. doit être un outil en faveur de davantage de solidarité et de mixité.

Autre sujet majeur pour Paris, et tout particulièrement pour le centre, la protection des commerces de proximité.

La liberté du commerce, vous le savez, est très protégée dans notre pays, souvent à juste titre, d’ailleurs. Mais le futur P.L.U. devra être un outil au service du maintien d’activités de production et d’artisanat, dans les secteurs où elles sont menacées par la spéculation immobilière et par le jeu foncier des grandes enseignes.

Je souhaite que cette révision soit l’occasion pour la Ville de Paris de porter la demande de création d’une nouvelle catégorie de commerces de proximité ou d’intérêt général auprès des autorités compétentes sur les règlements d’urbanisme. Pour que de telles activités puissent se maintenir, il ne suffit pas d’inscrire des linéaires protégés. On doit également prévoir tout le système logistique du dernier kilomètre, lui réserver des espaces consacrés dans la ville, dans les tunnels, dans les bâtiments, dans l’espace public. La spécificité du centre de Paris est d’être, pour partie, extrait des obligations du P.L.U., du fait de l’inscription au "Plan de sauvegarde et de mise en valeur du Marais". La révision du P.L.U. sera toutefois l’opportunité d’une mise à jour de ce P.S.M.V., et j’y porterai les mêmes priorités : respect du patrimoine, débitumisation, production de logements et protection des commerces de proximité.

Je veux donc vous dire ici, et à toi en particulier, cher Emmanuel GRÉGOIRE, mon enthousiasme et ma disponibilité pour cet ambitieux et nécessaire projet.

Je vous remercie.

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