Communistes Paris

Installation photovoltaïque de la Halle Pajol

Le Pari.s de la planète

Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, je voudrais juste commencer par dire que nous approuvons évidemment les objectifs de notre "Plan Climat" - nous l’avons déjà dit, je le redis ici - visant notamment à développer les énergies renouvelables sur notre territoire, en l’occurrence du photovoltaïque.

L’enjeu du réchauffement climatique reste évidemment pleinement devant nous, en fait, et le besoin de produire une énergie non carbonée est évidemment une nécessité. Mais transition énergétique ne suppose pas nécessairement de faire n’importe quoi en matière sociale. Donc, nous ne sommes pas convaincus par ce projet de délibération qui, de notre point de vue, ne donne pas de bons outils pour atteindre l’objectif d’une écologie sociale.

Chacun le dira avec ses mots. J’ai un peu cherché sur Internet : transition écologique et solidaire, la transition qui rend indissociable l’enjeu écologique et l’enjeu social. L’idée est importante. En tout cas, ce qui est sûr, c’est que la transformation écologique et énergétique de notre société doit se faire sur des bases sociales, couplant les enjeux environnementaux et les enjeux humains.

A ce jour, l’électricité est produite par les panneaux de la Halle Pajol et renvoyée dans le réseau public d’électricité qui est le plus dense, celui qui maille au mieux notre territoire et qui permet la réutilisation de l’énergie des usagers au plus près de sa production, avec un minimum de déperdition d’énergie. Mais, avec ce projet de délibération, il est proposé que l’électricité produite soit revendue, non plus à E.D.F., mais à une S.C.I.C., "Enercoop". Nous avons défendu à de nombreuses reprises le développement de telles sociétés et sommes de fervents défenseurs du milieu coopératif. C’est sûr aussi. Mais nous sommes également de fervents défenseurs, et vous le savez, du service public, qui, en l’occurrence, nous semble mieux à même de répondre aux enjeux posés et notamment aux enjeux de long terme, puisque le réchauffement climatique est clairement un enjeu de long terme.

Quand un service public n’existe pas, évidemment, il est tout à fait légitime et progressiste de développer un modèle de production alternatif, coopératif, et nous le faisons à de nombreuses reprises. Mais quand un service public existe déjà, développer une alternative devient forcément beaucoup moins progressiste. Concernant le réseau de distribution d’électricité, nous sommes en présence d’un monopole, de fait, lié à un maillage historique particulièrement dense et fin du territoire. Nous ne souhaitons pas que ce grand service public de réseau qu’est E.D.F. se voie contourné. Il nous semble inopportun de participer au démantèlement progressif, inéluctable de l’opérateur national et au morcellement de l’outil de distribution de l’électricité. Les services publics, nous le redisons, ne coûtent pas cher. Ils sont des investissements sur l’avenir. L’énergie est un enjeu si décisif qu’il nous paraît essentiel de militer pour la sortir de la logique marchande. L’énergie doit être un bien commun, et qui dit bien commun, dit évidemment et naturellement service public.

Par ailleurs, dernier point. Nous sommes en pleine crise de l’emploi. Nous attirons votre attention sur le fait que les salariés concernés directement ou indirectement par l’activité d’"Enercoop" ne bénéficient pas du statut des I.E.G., des industries électriques et gazières. Nous remplaçons donc, dans les faits, de facto, une activité assurée par des personnes, des salariés sous statut, des statuts protecteurs et stables pour le plus grand bénéfice des travailleurs, par une autre activité qui n’apporte pas du tout les mêmes garanties à ses salariés. Nous savons que les libéraux de tous poils cherchent à privatiser progressivement toute la partie de production et de distribution de l’énergie, et en particulier de l’électricité. C’est dans l’agenda de la Commission européenne depuis des décennies.

Nous en avions notamment parlé dans cette Assemblée à l’occasion de la privatisation des barrages. C’est visiblement à nouveau à l’agenda de ce Gouvernement, avec la privatisation du réseau "Enedis" qui est étudiée par le Ministre Le Maire. C’est un contresens historique à nos yeux, à l’heure où le réchauffement climatique appelle justement à plus de collaboration et de partage d’activité. Nous estimons donc que le renforcement du service public de l’électricité est la meilleure façon de développer rapidement des énergies renouvelables et de développer une écologie sociale, que nous appelons de nos voeux.

C’est pour toutes ces raisons que nous nous abstiendrons, en tout cas, sur ce projet de délibération. C’est le premier projet de délibération de la mandature, mais vous comprenez notre opposition de principe. Cette abstention ne vaudra certainement pas une abstention dans les futurs projets de délibération qui pourraient voir le jour sur ce même sujet.

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