Communistes Paris

Crise sanitaire

Le Pari.s de l’humain

Madame la Maire. Chers collègues.

J’interviens au nom du groupe Communiste et Citoyen afin de souligner spécifiquement trois projets de délibération, dans un temps de parole que je partagerai avec mon collègue Maxime COCHARD, qui présentera le voeu de notre groupe, et dans un temps indicatif. Le format de ce Conseil y oblige. Je passerai donc de l’un à l’autre, mais toujours avec le même fil conducteur : rappeler l’ampleur des conséquences des crises économique et sociale exacerbées par la crise sanitaire.

En premier lieu - et c’est l’objet du projet de délibération DGRI 52 -, je pense à toutes celles et tous ceux qui traversent la Méditerranée dans l’espoir de trouver des conditions d’existence plus dignes. Celles et ceux, parfois mineurs, dont les droits sont bafoués aux frontières. Celles et ceux dont les pays européens se rejettent la responsabilité et desquels ils détournent le regard lorsque leurs embarcations sombrent en mer. Le 12 novembre dernier, une centaine de personnes ont encore perdu la vie au large des côtes libyennes. A cet égard, il faut saluer le travail de "S.O.S. Méditerranée", qui s’implique depuis 2015 dans le sauvetage en mer de ces populations. Au total, ce sont 31.800 vies qui ont pu être secourues depuis que l’association a vu le jour. 31.800 vies sauvées grâce à l’engagement associatif qui a continué d’opérer en mer, malgré les tentatives répétées de criminaliser leur action. Aujourd’hui, l’association subit les conséquences économiques de la crise sanitaire. Elle a besoin de nous pour répondre à la baisse des dons particuliers et des fonds issus du mécénat privé.

Ce projet de délibération est un moyen pour la Ville de Paris d’agir en amont pour les réfugiés, avant de poursuivre en aval sur les thématiques d’hébergement et d’insertion sur son territoire. En amont, parce qu’il est établi que les conditions traversées sont responsables de traumatismes physiques et psychiques sur les personnes migrantes. C’est agir pour les réfugiés avant même qu’ils n’arrivent sur le territoire. C’est une première implication.

Pour le reste, nous devons continuer de travailler sur les dispositifs de prise en charge et d’insertion dans la capitale. A ce titre, nous saluons le projet de délibération DASES 239 et la mise en oeuvre d’actions auprès de femmes, de familles, de jeunes, en situation de précarité, d’errance ou d’exclusion. L’accroissement de la grande précarité concerne tout autant ceux dont la situation administrative est régulière ou irrégulière. Sans couleur ni nationalité, la pauvreté sévit et s’accentue à Paris, avec, pour responsable, le contexte épidémique. Nous en avons parlé ce matin dans le débat d’orientations budgétaires : de plus en plus de jeunes sont confrontés aux impayés et aux difficultés à se nourrir. Plus d’une famille sur trois estime avoir observé une dégradation de ses revenus. Les demandes de R.S.A. ont bondi de 13 %. Tout cela doit nous alerter sur les prévisions d’avenir. Les problématiques d’accès à un hébergement vont continuer de s’accroître à Paris. Nous voulons ainsi rappeler l’importance de poursuivre l’ouverture d’hébergements d’urgence et l’accompagnement vers des dispositifs plus stables. Les 13 subventions prévues par le projet de délibération sont donc les bienvenues, bien que nous soyons sceptiques de la baisse de subvention accordée à la Croix-Rouge française par rapport à l’exercice 2019. Il s’agit d’une reprise d’excédent réalisé par l’association, mais nous tenons à rappeler que l’année 2020 crée de nouveaux besoins et de nouvelles charges pour les associations en lien avec la crise sanitaire. L’un des projets phares de la Croix-Rouge consiste à accompagner les bénéficiaires par des dispositifs plus stables que l’hébergement dans les hôtels, dont on sait qu’il crée les conditions de l’exclusion. Rompre l’isolement, c’est oeuvrer à un projet concret d’insertion sociale, et la Croix-Rouge doit, à ce titre, être soutenue à hauteur de son ambition.

Nous soutenons donc que la subvention accordée soit au moins égale à celle de l’année dernière. Il s’agirait par-là d’acter une première prise en compte des prévisions à la hausse des demandes d’hébergements d’urgence. Enfin, je salue l’initiative du projet de délibération DASES 270, dont l’objet est d’identifier des lieux d’hébergement et des lieux adaptés aux personnes dépendantes du crack. La crise sanitaire et le confinement ont exacerbé les problématiques liées aux consommateurs de crack qui se cristallisent dans le Nord-Est parisien. Le lancement de ce diagnostic acte la volonté de la Ville de Paris de s’ouvrir à des solutions nouvelles et innovantes, permettant de traiter en profondeur et durablement un sujet qui pèse pour les usagers de drogue et pour les riverains. A Stalingrad, à Rosa-Parks, la situation est insupportable pour les habitants et les habitantes, qui expriment leur désarroi. Nous le partageons et nous le comprenons. Il est urgent d’oeuvrer à la recherche de dispositifs de prise en charge adaptés, non seulement du point de vue de l’hébergement, mais aussi sur les thématiques de santé, d’insertion sociale. Des dispositifs. Car nous savons d’ores et déjà qu’un seul lieu ne suffira pas. Nous n’adhérons pas à la rhétorique du groupe Changer Paris présentée dans son voeu, sur la salle de consommation à moindre risque située dans le 10e arrondissement. Avec ma collègue Béatrice PATRIE, nous sommes allées à leur rencontre le mois dernier et en profitons pour souligner tout le travail mené par l’association "Gaïa" qui assure la gestion du lieu. En raison de la crise sanitaire, l’association a été contrainte de réduire l’accueil des usagers de drogue. C’est, comme on dit, une efficacité qui se mesure en creux. Cela s’est donc bien vérifié pendant le confinement et se vérifie toujours aujourd’hui.

Nous l’avons dit et répété : la crise sanitaire que nous traversons bouleverse nos vies. Plus que jamais, l’action de la Ville de Paris doit, comme l’a souligné Mme la Maire ce matin, faire le choix de l’humain, et j’oserais même dire : faire le choix de l’humain d’abord.

Je vous remercie.

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