Communistes Paris

Contre le projet gare du Nord 2024

Le Pari.s de l’humain

Chers collègues,

Les communistes l’ont exprimé à de nombreuses reprises dans cet hémicycle, mais aussi dans de nombreuses réunions de concertation à l’occasion de rassemblements, et encore ce midi auprès des manifestants présents devant l’Hôtel de Ville, et nous l’exprimons de la façon la plus simple : nous sommes en désaccord avec le projet gare du Nord 2024, en désaccord avec sa finalité profonde.

La gare du Nord est un monument emblématique des années Haussmann, datant de 1846, chef-d’oeuvre de l’architecte Jacques Ignace Hittorff. C’est une porte d’entrée directe depuis et vers quatre pays, et un monde en soi avec la présence de plus de 100 commerces, 3.000 salariés et agents de la S.N.C.F., 220 millions de voyageurs par an, et plus de 2.000 trains par jour.

Cette gare mythique est l’objet d’un projet de restructuration pharaonique concocté dans une totale opacité dès 2018 sous l’impulsion de Guillaume PEPY, fossoyeur revendiqué du service public, qui a permis par une convention signée pour 46 ans, à une filiale d’Auchan, "Ceetrus", de devenir le gestionnaire de la gare, d’engager ainsi la privatisation rampante des espaces ferroviaires, en mettant la main sur l’outil stratégique que constitue la gare du Nord, plus grande gare d’Europe.

Si comme le sous-entend la convention de concession, les locaux de la S.N.C.F. ne sont pas distincts par leur nature et destination, rien n’empêchera "Ceetrus" de vouloir récupérer de nouvelles surfaces, a fortiori si le nombre de visiteurs-consommateurs augmente.

Notre boussole étant résolument tournée vers le développement du service public avec comme seul objectif la défense de l’intérêt général, les communistes ne peuvent se satisfaire d’un projet financé majoritairement par le privé, essentiellement tourné vers le commerce et induisant une privatisation des espaces publics. Et pourtant, en 2018, dans le cadre de la réforme de la S.N.C.F., Mme Elisabeth BORNE, alors Ministre des Transports, avait déclaré la main sur le coeur que les gares étaient "incessibles et inaliénables".

L’annonce ce lundi du choix du groupe Bouygues pour réaliser une part importante de ce chantier de rénovation, 600 millions d’euros sur un total de 900 millions, n’est évidemment pas pour nous rassurer. C’est pourquoi, dès l’annonce de ce projet, les élus, militants et militantes communistes s’y sont opposés et ont développé nombre de propositions concernant les conditions d’accueil, le confort des usagers du rail, et la qualité de vie des riverains.

Les communistes ont dénoncé le protocole conclu le 23 novembre 2020 avec le président de la S.N.C.F. Les communistes ont, en cohérence, dénoncé le protocole d’accord conclu le 23 novembre entre la Ville de Paris et la S.N.C.F., car les avancées actées ne modifient en rien l’orientation et la philosophie fondamentales du projet initial qui avaient suscité de vives critiques des usagers et des riverains, mais aussi de nombreux architectes et urbanistes.

Nous regrettons tout particulièrement que la Ville se prive d’ores et déjà de marges de manœuvre en renonçant de façon irrévocable à tout recours pendant la durée de la concession. Nous ne doutons pas que le préfet de la Région Ile-de-France délivrera le permis de construire modificatif déposé le 4 janvier par StatioNord.

Cependant, tout n’est pas réglé, plusieurs recours ont été lancés par des associations contre le permis de construire et contre la déclaration de projet. Une action judiciaire a été également initiée par l’architecte Jean-Marie DUTHILLEUL qui s’oppose à la démolition de la halle transilienne construite en 2000.

En lien avec les habitants et leurs associations, les communistes ont porté la proposition d’intégrer le Nord de la gare dans le périmètre du projet de transformation. C’est pourquoi nous avons acté positivement le projet d’une passerelle qui relierait le boulevard de la Chapelle à la gare du Nord. Je souhaite insister sur ce point : dans ce quartier dense où les trottoirs et les voies d’accès sont déjà saturés, l’ouverture au Nord de la gare est une demande forte des habitants. Le protocole prévoit un engagement financier de la S.N.C.F. pour 20 millions d’euros, mais il y a fort à parier que cette passerelle, positionnée dans un environnement complexe entre deux voies ferrées, coûtera plus cher, peut-être même beaucoup plus cher.

Par conséquent, la S.N.C.F. doit engager au plus vite des discussions avec l’Etat et la Région en associant la Ville pour assurer le financement et la concrétisation de cet engagement.

L’engagement pris par la S.N.C.F. ne concerne à ce stade que les études, nous serons très vigilants à ce que ces moyens, point fort du protocole signé, ne restent pas lettre morte et que le montant de 20 millions d’euros que la S.N.C.F. a prévu d’engager sur cette passerelle soit bien mis au service d’une amélioration de la liaison entre la gare et le Nord du 10e arrondissement.

Je souhaite également dire un mot sur l’impact des travaux, notamment des nuisances occasionnées aux riverains et aux usagers, car les travaux de la gare du Nord vont se dérouler de façon concomitante avec ceux du nouvel hôpital Lariboisière. De nombreux poids lourds devront accéder au quartier pour alimenter ces chantiers, ce qui va compliquer une circulation déjà dense, d’autres orateurs l’ont souligné, et accentuer les pollutions sonores et atmosphériques.

Il est important de préciser rapidement les prévisions de trafic de poids lourds occasionné par tous les chantiers du secteur en cherchant à éviter la saturation complète du quartier. Le bon sens voudrait que la S.N.C.F. privilégie les voies ferrées pour alimenter son chantier, mais nous en doutons fort vu l’acharnement dont fait preuve la S.N.C.F. depuis des années pour démanteler le fret ferroviaire. Notre proposition au projet reste fondamentale, les communistes souhaitent améliorer l’accueil et les déplacements des usagers, mais aussi l’offre de services publics avec notamment la réouverture d’un bureau de Poste de plein exercice.

Les investisseurs privés ne se préoccupent nullement de la qualité d’offre de transport et cherchent uniquement, beaucoup l’ont dit, à capter une nouvelle clientèle. Or, en ne révisant pas le mode de financement du projet pour le faire reposer sur l’investissement public, le protocole ne remet pas en cause le coeur, à savoir la création d’un énorme centre commercial au seul profit d’Auchan. "Ceetrus" entend consacrer à cet objectif des milliers de mètres carrés supplémentaires.

Pour que la rénovation de la plus grande gare d’Europe soit guidée par la réponse aux nouveaux besoins des usagers des transports, il est urgent de changer le système même de financement. Le réaménagement d’une gare de transport public doit être financé, pour nous les communistes, par le public, en aucun cas par le privé.

Les gares sont des lieux de passages, de rencontres, qui doivent permettre la circulation, favoriser la mobilité sans que voyageurs et voyageuses ne soient sollicités pour consommer toujours davantage. Je vous remercie.

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