Une grande cause pour la santé mentale, sauf quand il faut agir : le cas du centre Ginette Amado
Conseil de juillet 2026La santé mentale a été déclarée grande cause nationale. Très bien. Mais si cette priorité ne se traduit pas par des actes, elle restera un simple slogan.
Aujourd’hui, nous parlons du CAC Ginette Amado, un centre de proximité indispensable, qui accueille depuis plus de quarante ans des personnes en souffrance psychique, souvent dans des situations de crise, en leur offrant une prise en charge immédiate, humaine et adaptée.
Or, le projet porté par le GHU prévoit la suppression de l’accueil de nuit, du week-end et des six lits d’hospitalisation. Autrement dit, on viderait progressivement ce centre de sa raison d’être. C’est un non-sens.
Alors que les services psychiatriques sont déjà saturés, que le CPOA connaît des taux d’occupation insupportables et que les urgences sont à bout de souffle, affaiblir un dispositif qui permet justement d’éviter ces engorgements serait une faute.
La psychiatrie publique n’a pas besoin de nouvelles restructurations comptables. Elle a besoin de moyens, de personnels et de lieux d’accueil ouverts 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
Nous voulons également dénoncer le manque total de transparence et de concertation autour de ce projet. Les soignants, les représentants du personnel, les usagers et les élus méritent des réponses claires sur l’avenir de cet établissement.
Avec ce vœu, nous demandons que la Ville de Paris utilise tout son poids, y compris en tant que copropriétaire des locaux, pour obtenir le maintien intégral des missions du CAC Ginette Amado, préserver ses capacités d’hospitalisation et garantir l’avenir de ce service public essentiel.
Parce qu’en matière de santé mentale, chaque recul se paie au prix fort : celui de la souffrance des patients, de l’épuisement des soignants et d’un service public toujours plus fragilisé. Nous ne pouvons pas l’accepter.

