Une action concrète pour les victimes : soutenir "Paris Aide aux Victimes" dans la lutte contre les violences
Conseil de juillet 2026La délibération qui nous est présentée aujourd’hui porte sur le renouvellement du soutien de la Ville de Paris à l’association Paris Aide aux Victimes, un acteur essentiel de notre politique d’accompagnement des victimes d’infractions pénales.
Elle s’inscrit dans une ambition forte portée par Paris depuis plus de dix ans : faire de la lutte contre les violences faites aux femmes une priorité de notre action publique.
En 2015, avec Anne Hidalgo, nous avons créé l’Observatoire parisien de lutte contre les violences faites aux femmes. Depuis plus de dix ans, il réunissait institutions, associations féministes et acteurs de terrain pour mieux connaître les violences, améliorer les réponses publiques et mettre en œuvre des dispositifs de protection, d’accompagnement et de prévention.
Cet observatoire a permis de construire une véritable politique partenariale. Les violences faites aux femmes ne peuvent être combattues par une seule institution : elles exigent la mobilisation de la justice, de la police, de la santé, des services sociaux, des associations spécialisées et des acteurs de proximité.
Cette méthode repose sur une conviction que nous portons depuis des années : les violences faites aux femmes ne relèvent pas de la sphère privée, elles constituent un enjeu majeur d’égalité entre les femmes et les hommes. Comme je le rappelle régulièrement, elles sont « le symbole le plus brutal de l’inégalité existante dans notre société ». Elles traduisent des rapports de domination qu’il nous appartient de combattre politiquement. C’est pourquoi Paris a fait le choix d’une politique publique féministe fondée sur le partenariat avec les associations et les institutions. L’Observatoire permet de croiser les expertises, d’écouter les professionnel·les de terrain et de transformer les constats en actions concrètes.
Cette mobilisation reste indispensable. Chaque année, les chiffres rappellent l’ampleur des violences sexistes et sexuelles. Violences conjugales, et sexuelles et de violences intrinséques à la prostitution qui continuent de marquer le parcours de nombreuses femmes.
Ces violences ne sont pas des faits isolés mais le produit d’inégalités persistantes. Notre approche féministe doit consister donc à agir à tous les niveaux : prévenir, protéger, accompagner les victimes dans leur parcours de sortie des violences, former les professionnel·les et garantir un accès effectif aux droits. Cette politique s’appuie aussi sur le schéma départemental de l’aide aux victimes, signé par l’État, la Ville de Paris et les partenaires associatifs. Il coordonne les actions de l’ensemble des acteurs et identifie parmi ses publics prioritaires les femmes victimes de violences, mais aussi les mineur·es victimes de harcèlement scolaire ou de prostitution.
C’est dans cette dynamique que doit s’inscrire l’action de Paris Aide aux Victimes. Pour de nombreuses femmes victimes de violences, cet accompagnement est déterminant : être entendue, être crue, connaître ses droits, être soutenue dans ses démarches et sortir de l’isolement. Les juristes et psychologues spécialisés de Paris Aide aux Victimes assurent un accompagnement gratuit, confidentiel et adapté.
Grâce à ses permanences, notamment dans les Maisons de Justice et du Droit, au Points d’accès aux droits, à l’Unité médico-judiciaire de l’Hôtel-Dieu et à la Maison des Femmes de la Pitié-Salpêtrière, l’association rend l’accès aux droits concrètement possible.
Soutenir Paris Aide aux Victimes, c’est participer à poursuivre un engagement constant de la Ville : ne jamais laisser les victimes seules face aux violences, garantir leurs droits et construire, avec les associations féministes et les institutions partenaires, une ville plus protectrice et plus égalitaire. Mais notre engagement ne peut s’arrêter là.
Depuis plus de dix ans, Paris construit des réponses concrètes avec l’Observatoire, les associations féministes, la justice, la police, les professionnel·les de santé et les acteurs sociaux. Il reste pourtant un enjeu national majeur : franchir une nouvelle étape avec une véritable loi intégrale contre toutes les violences faites aux femmes et aux enfants.
Lutter contre les violences ne peut pas se limiter à intervenir après les faits. Il faut une politique globale articulant prévention, éducation à l’égalité, protection des victimes, accompagnement des parcours de sortie des violences, formation des professionnel·les, amélioration de la réponse judiciaire et moyens à la hauteur des besoins.
C’est le combat porté aujourd’hui par la députée Céline Thiébault-Martinez et la sénatrice Laurence Rossignol, aux côtés des associations féministes et enfantistes, pour l’adoption d’une loi intégrale contre les violences. Cette revendication repose sur une conviction essentielle : les violences sexistes, sexuelles, conjugales et intrafamiliales relèvent d’un même continuum de violences et appellent une réponse publique cohérente et ambitieuse.
Nous affirmons aussi qu’à l’échelle nationale, la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants doit enfin bénéficier d’un cadre législatif à la hauteur de l’urgence et des attentes des victimes. Parce qu’une société féministe est une société qui refuse les violences, qui croit les victimes, protège les enfants et se donne les moyens de construire une véritable égalité entre les femmes et les hommes.

