Soutien aux agent·es du Samusocial de Paris en grève
Conseil de juillet 2026Quand celles et ceux qui passent leurs journées à répondre à la détresse humaine disent qu’ils n’en peuvent plus, nous avons le devoir de les écouter.
Depuis plusieurs semaines, les salarié·es du Samusocial de Paris sont en grève. Ce mouvement n’est pas une revendication corporatiste. C’est un véritable cri d’alarme. Les écoutantes et écoutants du 115, les travailleurs sociaux, l’ensemble des équipes disent leur épuisement face à des conditions de travail devenues intenables : surcharge, manque d’effectifs, perte de sens, risques psychosociaux... Mais surtout, la souffrance de devoir répondre chaque jour à des centaines de personnes en leur disant : « nous n’avons aucune solution à vous proposer. »
Car derrière leur mal-être, il y a une réalité implacable : celle d’un hébergement d’urgence que l’État abandonne progressivement. Les chiffres du baromètre d’avril sont accablants. Chaque jour, 352 familles sont restées sans solution d’hébergement, soit un taux de réponse positive de seulement 8 %, contre 17 % un an plus tôt. Chaque jour également, 105 femmes seules et 126 hommes seuls n’ont obtenu aucune mise à l’abri.
Ce ne sont pas des statistiques. Ce sont des enfants, des femmes, des hommes qui passent une nuit de plus à la rue. Et ce sont des professionnel·les contraints, faute de places, de répondre « non » toute la journée, alors que leur métier est précisément de protéger.
C’est pourquoi les salarié·es ne sont pas seuls. Leur mobilisation rejoint celle des associations de solidarité qui, depuis des années, alertent sur l’effondrement du système d’hébergement d’urgence et demandent à l’État de mettre enfin les moyens nécessaires. Toutes portent le même constat : les besoins explosent, tandis que les capacités d’accueil reculent.
Et cette réalité, elle est aujourd’hui sous nos yeux. Depuis mercredi, les grévistes du Samusocial occupent le parvis de leur établissement avec Utopia 56, aux côtés de familles sans abri, de femmes isolées, de mineurs non accompagnés. Des nourrissons, des bébés, des dizaines d’enfants vont passer une deuxième nuit dehors, sur une dalle de béton, en pleine canicule, avec des risques d’orage. Voilà où conduit le désengagement de l’État.
C’est indigne de notre République. J’invite chacune et chacun d’entre vous à aller échanger avec ces mères, avec ces enfants, avec ces jeunes qui, ce soir encore, dormiront dehors faute de solution. Vous verrez alors que derrière nos débats, il y a des vies suspendues à une décision que l’État refuse obstinément de prendre. Nous avons eu l’occasion de porter un vœu consacré à l’hébergement d’urgence mais aujourd’hui, il est indispensable d’adresser un message clair aux agent·es du Samusocial : nous les soutenons.
Nous soutenons leurs revendications pour des conditions de travail dignes, mais aussi leur combat pour un service public capable de répondre à toutes celles et tous ceux qui appellent le 115 dans l’espoir d’être mis à l’abri. Parce que défendre les salarié·es du Samusocial, c’est aussi défendre le droit fondamental à un hébergement d’urgence digne, inconditionnel et à la hauteur des besoins. C’est le sens de ce vœu, que je vous invite à voter.

