Contre tout partenariat avec l’État israélien !
Conseil de juillet 2026Cette délibération prévoit d’accorder une subvention de 2.000 euros à l’association Kolnoah pour la 26e édition du Festival du Cinéma Israélien de Paris, qui s’est déroulé du 16 au 24 mars 2026 au Majestic Passy.
Je veux d’abord évoquer l’initiative de Film Workers for Palestine, qui réunit des cinéastes comme Sepideh Farsi, Javier Bardem, Xavier Dolan ou Éric Cantona. Le 8 septembre 2025, cette association a lancé un appel au boycott des institutions cinématographiques israéliennes complices du génocide et de l’apartheid.
Le débat sur un boycott intégral du cinéma israélien — y compris des œuvres critiques du gouvernement — est un débat réel, et légitime. Mais ce n’est pas la question qui nous est posée aujourd’hui. La question, plus étroite, est celle-ci : devons-nous soutenir un festival dont l’État d’Israël est partenaire, donc de fait le gouvernement d’extrême droite de Benyamin Netanyahou ? Devons-nous associer le logo de la Ville de Paris à celui de l’ambassade d’Israël ?
C’est un État où la censure progresse depuis dix ans. Plusieurs cinéastes contestataires de la politique suprématiste de Netanyahou se sont exilés, comme Nadav Lapid, aujourd’hui installé en France [1]. Lapid a mené, avec d’autres, la bataille contre le Fonds Rabinovich, qui exigeait des cinéastes une "attestation de loyauté" leur interdisant d’aborder certains sujets politiques, comme la Nakba. Ils ont obtenu gain de cause en multipliant les appels au boycott.
Nous devons faire de même ici. Ce qui nous est présenté comme un partenariat avec l’État d’Israël est avant tout une tutelle politique d’un régime d’extrême droite sur ce festival — une logique qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler celle des "Filmmakers United Against Apartheid", qui refusaient déjà tout partenariat institutionnel avec l’Afrique du Sud de l’apartheid, sans pour autant boycotter le cinéma sud-africain dans son ensemble.
De la même façon que l’on célèbre librement le cinéma iranien de Saeed Roustayi ou Jafar Panahi sans accepter un partenariat explicite avec l’ambassade iranienne, nous ne pouvons accepter ce partenariat-ci.
C’est pourquoi nous demanderons un vote dissocié sur l’article 2, pour qu’aucune subvention n’alimente, de près ou de loin, la propagande du gouvernement israélien — et nous voterons pour le reste de la délibération.

