Fonds vert : un budget en baisse, des besoins qui explosent, une politique à revoir
Conseil de juillet 2026Je pensais faire une intervention sur la rénovation du parc de logements qui est une question essentielle au vu de ce que nous vivons depuis quelques semaines, mais je m’aperçois que nous sommes sous le feu de critiques contradictoires.
La droite nous reproche d’être de dangereux bolchéviques qui collectivisent le marché du logement. Pour moi, ça n’est pas vraiment une critique.
En réalité, c’est plutôt un hommage. Et le NPP nous reproche d’être de dangereux spéculateurs immobiliers. Je pense que dans un cas comme dans l’autre, évidemment, l’outrance l’emporte sur la réalité.
Si les critiques sont aussi contradictoires, c’est qu’elles sont fausses l’une et l’autre.
Ce que je remarque par contre, parce que c’est bien ça le sujet de la délibération, c’est que les crédits de l’État sont insuffisants.
On dit 3 600 logements sociaux supplémentaires financés avec l’aide de l’État cette année, mais ça n’est pas suffisant. Ça n’est pas suffisant au regard des besoins.
Nous nous sommes engagés pour 30 000 logements sociaux supplémentaires dans la mandature. Mais c’est donc plus d’argent de l’État qu’il nous faudrait.
Dans cette délibération, il y a aussi les crédits pour la rénovation du parc privé.
Les crédits de la rénovation du parc privé envisagent la rénovation de 3 400 logements privés, des subventions pour aider à la rénovation de 3 400 cents logements privés.
Mais dans Paris, l’année dernière, c’est plus de 5 000 logements qui ont été rénovés, dont le financement de la rénovation a été prévu. Donc les crédits de l’État sont insuffisants.
Autre baisse, et c’est l’objet du vœu que le groupe communiste défend, c’est celui du Fonds vert.
Le Fonds vert, il y a deux ans, il était à 2,5 milliards d’euros. Aujourd’hui, au budget 2026, il est à hauteur de 675 millions seulement. Et encore, il fait l’objet de gels de crédit.
Cette baisse du Fonds vert, c’est l’organisation par l’État de l’incapacité d’adapter rapidement notre ville, le parc de logements privés notamment, qui est dans bien plus mauvais état que le parc de logements publics, nous ne cesserons de le rappeler, et les équipements publics qui eux aussi ont besoin de rénovations.
Pourquoi l’État n’a plus d’argent pour financer ce que tout le monde dit ici être nécessaire ? Tout simplement parce que l’État, gouvernement dont il y a des représentants sur le banc de la droite, fait des choix politiques radicalement différents.
Par exemple, le président de la République s’est gargarisé, pas plus tard que lundi, d’avoir doublé le budget du ministère de la Défense. Donc il fait un choix tout simple, acheter des armes plutôt que de rénover les logements.
Dans le même temps, un rapport sénatorial transpartisan a chiffré à 211 milliards d’euros par an les subventions de l’État aux entreprises. Ça aussi, ce sont des sommes absolument folles et considérables qui sont détournées des véritables besoins de la population.
Parce que cet argent, si nous en bénéficions d’une toute petite partie pour permettre la rénovation des logements, il reviendrait dans la poche des entreprises, notamment évidemment les entreprises de rénovation thermique.
En deux phrases, deux idées, j’ai trouvé beaucoup d’argent pour financer la rénovation thermique que tout le monde par ailleurs trouve absolument nécessaire.
Mais évidemment, pour pouvoir le faire, il faut faire des choix politiques.
Évidemment, le choix des communistes, le choix de la majorité municipale, c’est toujours le même, c’est celui du partage.
Ce mot vous fait hurler à chaque fois. Quand nous parlons du partage de la fraîcheur, vous avez hurlé ce matin.
Quand je vous parle maintenant du partage de la richesse pour financer la réponse aux besoins sociaux, évidemment, vous êtes en désaccord.
Mais le partage des richesses est une nécessité absolue pour donner aux moyens à l’État et derrière aux collectivités locales de financer la rénovation du parc de logements.
C’est tout l’intérêt du vœu que nous faisons sur le Fonds vert et c’est tout l’intérêt de cette délibération.

